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l’allemagne économique.
entre autres les armes mises à la disposition d’un
parti malintentionné, et qui lui suffisaient largement
a faire mettre en suspicion même les mesures irré
prochables d’un pouvoir parvenu inopinément à
l’hégémonie, et à le cribler de ses traits. Mais peut-
être qu’en semant ainsi à pleines mains la méfiance
et la haine sur la terre bavaroise, le clergé catholi
que et une partie de la haute noblesse, qui s’en-
tr’aidaient dans cette tâche, poussés sans doute
qu’ils étaient à l’accomplir par des appréhensions
politiques et religieuses compréhensibles, ou
bliaient-ils trop, c’est du moins l’avis d’un Bavarois,
M. Weber, que, loin de mettre sur pied quoi que ce
soit de positif, ils exposaient aux plus graves périls
en même temps que les intérêts de leur propre patrie
les intérêts de l’Allemagne tout entière. Ce qui est
certain, c’est que la semence leva, et que les élec
tions qui eurent lieu en Bavière au printemps de
l’année 1868 pour la nomination de députés au par
lement douanier donnèrent une très-forte majorité
aux candidats du camp ultramontain.
Des conditions très-différentes aboutirent dans le
Wurtemberg à des résultats tout à fait analogues. Il
n’y existait pas de parti clérical ou ultramontain,
mais sa place était occupée et son rôle rempli par le
parti démocratique, que renforçaient de nombreux
débris de l’ancien parti de la grande Allemagne,
lequel, découragé dans ses espérances par l’issue de
la guerre, avait, en haine de la tournure que pre-