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PÉRIODE FINALE DU ZOLLVEREIN.
liaient les choses, pactisé par grandes masses avec
la démocratie. Or, pour ne pas respirer le fanatisme
et l’exaltation qui se faisaient parfois jour dans la
presse bavaroise, le ressentiment de ces groupes,
que les procédés de la Prusse à la suite de sa victoire
avaient profondément blessés, n’était pas moins réel,
et peut-être même, avec le caractère national si for
tement trempé des Souabes, atteignait-il à un degré
d intensité plus élevé qu’en Bavière. Aussi les opé
rations électorales tournèrent-elles dans une plus
forte proportion encore qu’en Bavière au profit de
candidats antiprussiens, dont on pouvait attendre,
avec certitude, qu ils se prononceraient contre tou
tes les mesures proposées par la Prusse. Quclques-
ims d’ailleurs des élus du grand-duché de Bade,
appartenant à la nuance catholique, grossirent encore
les rangs des Prussophobes, qui constituèrent sans
retard à Berlin la fraction de l’Allemagne méridio
nale.
Voilfi sous quels auspices le parlement douanier
fut invité h se réunir pour le 27 avril 1868. En vue
<lo cette réunie», qu'il importait d’occuper et de
désarmer k la fois, la Prusse qui l’avait convoquée
s’étail miseá l’œuvre pour arriver au règlement des
rapports commerciaux avec l’Autriche et avait à cet
elfet repris en février 1808 les négociations inter
rompues en janvier 1807 à la suite de la réduction
de droits demandée sur les vins autrichiens, après
que dans l’intervalle la France, gagnée par l’assu-