PÉRIODE FINALE DU ZOLLVEREIN. 56^
pouvoir s’en passer un jour, ou bien qu’elle ne sert
pas à soutenir une nombreuse masse de travailleurs
qui ne pourraient être occupés sans elle, ou bien
encore que la protection accordée a fait son œuvre,
qu’elle n’est plus nécessaire au but qu’elle s’était
proposé et qui a été atteint, et que la conserver
plus longtemps, serait vouloir avantager quelques
individus au détriment de tous. Aussi le débat devrait-il
toujours, nous semble-t-il, pour ne pas s’égarer,
se restreindre à l’examen de ces quelques points!
Appliquant à notre sujet cette observation générale,
nous dirons, qu'au lieu de disserter in abstracto
sur la protection et la liberté commerciale
on eût mieux fait sans doute, et donné des preuves
d’un esprit plus pratique, en se bornant à interroger,
pour chacune des branches de l’industrie allemande,
le degré de perfection auquel elle était parvenue,
afin de savoir si elle pouvait désormais
échapper au régime de la tutelle. Que pour bon
nombre de ces branches, l’âge de la majorité ait
sonné, c’est ce qui ne saurait être mis en doute par
aucun de ceux qui connaissent et jugent avec indépendance
la fabrication allemande et c’est ce qui
résulte en même temps de bien des données statistiques
; qu’il fallût en dire autant de toutes les branches,
ainsi qu’on s’y trouve en quelque sorte convié
par les propositions des libres-échangistes, était un
parti qu’on pouvait hésiter à prendre, à défaut de
renseignements suffisants, et en présence des périls