PÉRIODE DE 1854 A 1865. 285
ment consolidé en France, il ne larda pas à mani
fester une sollicitude des plus vives pour les inté
rêts matériels du pays, dans lesquels il ménageait
un ferme appui de sa cause; et, pour faire aboutir
ses visées économiques, il songea en même temps
à délaisser les voies jusqu’alors parcourues par ses
devanciers. La branche cadette des Bourbons n avait
pas témoigné moins de tendresse que la branche
aînée pour les. agissements prohibitionnisles et
protectionnistes, en faveur chez nous depuis Col
bert, et peut-être même ces pratiques n’avaient-
elles manifesté jamais le caractère qu’elles prirent
durant la monarchie de juillet, où la haute bour
geoisie, favorisée comme le pivot de ce régime et
parmi laquelle se recrutaient les fabricants, exploi
tait à son profit à peu près exclusif l’influence qui
lui était dévolue sur la législation douanière. Mais
quelque énergie que l’empereur Napoléon 111 eût
déployé dans la répression du désordre, et quel
ques litres qu’il eût dès lors acquis à la gratitude des
classes moyennes, celles-ci, ne pouvant se détacher
par le souvenir de l’époque qui avait été leur Age
d or, ne cessèrent pendant de longues années d’ob
server vis-à-vis de lui une altitude hostile et bou
deuse. 11 en résulta que, de son côté, ce monarque
se détacha d’elles, et qu’il chercha à leur enlever
le rôle prédominant qui leur avait appartenu jus
qu’alors dans la sphère de la législation et de la po
litique douanières. Si soucieux qu’il fût de faire