572 L'ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE,
enfin, après beaucoup d’hésitations, 1 entente s élablira
entre les deux puissances rivales, et les deux
systèmes s’uniront pour former la véritable et définitive
association allemande. »
Aucune de ces éventualités n’a pris corps dans
le dénoûment que nous avons sous les yeux et que
n’a pas même entrevu cet auteur, à qui il était difficile,
il est vrai, de pressentir ce qui s’est passé par
exemple en 1866 et en 1870 et qui était autorisé,
jusqu’à un certain point, à ne pas compter sur la
trop prompte réapparition d’un Empire auquel on
avait vainement cherché un empereur en 1848!
Mais pour n’avoir pas été prévu en 1859, ni même
par des écrivains postérieurs à Richelot, ce dénoùment
pourrait bien néanmoins être définitif, en ce
sens que, sous la réserve des dimensions, sans
doute sujettes à variations, de l'empire d’Allemagne,
nous sommes porté à croire à la durée et même
à l’accroissement de l’unité allemande, autant que
nous croyons à la durée de l’unité italienne, voire
même de l’unité française, et notre croyance n’est
pas de celles qui nous font gémir. La reconstitution
des grandes unités naturelles nous paraît aussi
rassurante, au moins, que les constructions artificielles
d’équilibre européen, autrement dit, nous
avons au moins autant de confiance, quand il s agit
de la paix et de l’avenir des sociétés, dans l’œuvre de
Dieu, que dans l’œuvre des hommes d’État les plus
habiles. Si la pondération factice, qui sort des mains