PÉRIODE FINALE DU ZOLLVEREIN. 583
lalion entière aux vins récollés en 1871, en exigeant
pour les autres qu’il fût justifié de leur provenance
d’Alsace-Lorraine. Mais le gouvernement impérial,
soucieux en vainqueur intelligent de ménager les
sympathies et les intérêts de ses nouveaux sujets, en
leur conservant aussi le plus longtemps possible le
marché français tel ou à peu près tel qu’ils l’avaient
eu auparavant, entra en négociation à cet effet avec
le gouvernement de la République, que le désir patriotique
de faire évacuer par contre plus promptement
le territoire à l’ennemi rendait fort accessible
à des propositions de cette nature. Il est vrai, qu’il
devait en résulter une certaine perte pour notre trésor
sur les douanes et que l’Allemagne y trouvait
surtout un avantage énorme, celui d’éviter à son
industrie une crise imminente, en éloignant la rivalité
des provinces conquises. Mais des considérations
d'ordre supérieur, d’ordre moral surtout,
telles que l’affranchissement plus rapide du sol
français et les égards dus à d’anciens compatriotes,
considérations, que M. Thiers fit valoir avec son
talent habituel dans la séance du 16 septembre 1871,
en prouvant aussi que les bases adoptées par les négociateurs
étaient plus inoffensives, qu’on pouvait
le penser, pour notre industrie métallurgique et
cotonnière, gagnèrent l’assemblée nationale à l’avis
favorable de l’illustre vétéran appelé par elle au
Pouvoir; et c’est ainsi, qu’à la date du 12 octobre
1871 intervint celle convention bien connue, qui