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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
construction d’une bâtisse donnait de l’occupation à
plusieurs patrons et ouvriers de la ville. Maintenant,
on favorise un seul entrepreneur général qui fait exécu
ter les travaux par ses ouvriers et fait venir toutes
les fournitures, telles que ancres, grilles, serrures, ou
vrages en cuivre et en zinc, etc. des grandes fabri
ques ; ce qui fait que ces constructions ne procurent
à l’ouvrier de la ville que peu on pas de travail » (i).
A Herenthals, il est presqu’impossible aux forgerons
de prendre part aux adjudications, toutes les entre
prises étant concédées en masse (2). Des peintres de
Louvain (3), un plombier de Wavre (4) un serrurier-
poêlier d’Ixelles (5), tous émettent les mêmes plaintes.
L’artisan d’ajourd’hui doit, pour avoir quelqu’ou-
vrage, traiter avec des entrepreneurs généraux au lieu
de traiter avec les propriétaires. 80 °/ 0 des plafonneurs
travaillent, d’après l’évaluation de la Chambre syndi
cale de Bruxelles, pour des entrepreneurs généraux ;
ceux-ci prélèvent 10 0 / o des bénéfices sur tous les tra
vaux qui s’exécutent. Les sous-traitants n’obtiennent
l’exécution des travaux qu’en travaillant aux prix les
plus réduits et toujours à des conditions onéreuses (6).
A Louvain, le forgeron dépend tout à fait de l’en
trepreneur, qui lui indique la partie de l’entreprise
(1) Commission Nationale de la Petite Bourgeoisie. Enquête orale,
v. II, p. 707.
(2) lb. v. II, p. 532.
(3) Ib. v. VII, p. 412 et 4IG.
(4) Ib. p. 585.
(5) Ib. p. 11.
(6) Ib. p 235 et 286.