LE COMITÉ NATIONAL :
est venue tout naturellement presque dans chaque commune « d’or-
ganiser quelque chose ». Et c’était, autour de l’administration com-
munale, quand elle était active et intelligemment menée, ou bien
en dehors d’elle, quand elle manquait d’initiative, un comité qui se
formait pour recueillir des fonds, procurer des vivres et les distribuer.
Les premiers organismes de ce genre aboutirent bien vite à faire des
cantines ou soupes populaires. On peut dire qu’à mesure que l’envahis-
seur avançait dans le pays, il faisait naître derrière lui, avec la misère
qu’il répandait, des œuvres spontanées de secours et d’assistance,
s’occupant en premier lieu du ravitaillement.
Naturellement c’était dans les grandes villes et dans les bourgs
industriels que les besoins étaient les plus étendus, et les plus urgents.
Aussi voyons-nous naître à Verviers, à Liége, à Seraing, dars tout le
bassin de la grande industrie, dès les mois d’août et de septembre
1914 des comités de secours.
Anvers paraît avoir eu, sous ce rapport, le maximum de prévoyance,
puisque c’est dès le 6 août que l’Administration communale cons-
titua de grands approvisionnements de vivres et qu’un comité se
forma, qui réunit plus de deux millions de francs de souscriptions,
organisa des soupes populaires, un fonds de chômage et une œuvre
spéciale de secours aux familles de militaires sous les armes (1).
Dans la province de Liége, les administrations communales aidées
des bureaux de bienfaisance, des sociétés industrielles et de parti-
culiers, entrèrent dans cette voie dès le mois d’août, et un commen-
cement de centralisation s’opérait déjà le 21 septembre par la créa-
tion d’un Comité d’Alimentation et d’Hygiène qui s’étendait à 23
communes comptant 220.000 habitants (2).
On cite encore le Comité de Secours de la Province du Luxem-
bourg, l’action des administrations communales de Bruges et d’Os-
tende, d’Audenaerde, et de cette petite ville de Renaix qui avait
organisé un Comité subdivisé en trois sections : l’assistance, le ravi-
taillement et le secours aux blessés, « qui créa une boulangerie com-
«munale, une boucherie économique, un magasin communal, une
«commission de prêts et organisa une soupe populaire » (3).
Mais, c’est de la capitale, naturellement, que vint l’institution
principale qui s’étendit au pays tout entier. Dès le 28 août, sous
l’impulsion de M. Adolphe Max, bourgmestre de Bruxelles, l’agglo-
mération bruxelloise était dotée d’un service de distribution d’ali-
ments, et le Bourgmestre pouvait annoncer à la population la forma-
(1) Rapport Général du Comité National, première partie, p. 20.
re il général du Comité National, première partie, p. 21.
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