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doivent disparaître pour faire place à une atmosphère plus calme, paisible,
avec un peu plus de justice envers les minorités bulgares, d’une
existence millénaire, libres dans leur conscience riationale, des citoyens
égaux à tous les autres, soumis aux mêmes lois, avec les mêmes devoirs,
jouissant des mêmes droits avec dignité et fierté. Sans cela, les constitutions
plus ou moins libérales resteront désuètes et les principes démocratiques,
dont on se pare, sonneront faux.
Devant les voisins de la Buigarie qui ont englobé des minorités
bulgares, deux voies s'ouvrent‘: la dénationalisation par tous les moyens,
de gré ou de force, dont la Grèce a donné l’exemple le plus sauvage
avec l’expulsion violente des Bulgares, ou bien la reconnaissance de
leur existence légale en leur tendant la main pour en faire des collaboratrices
à la prospérité commune. Il y a aussi une troisième solution:
l'Etat se tient à l'écart, leur laissant toute liberté d'instruction et d'éducation.
Il est difficile de trouver aujourd’hui des partisans de ce système.
Abandonner le contrôle de la vie culturelle et l’instruction de ses sujets,
aucun Etat, dans le niveau actuel en Europe, ne s’y résignerait.
Les Balkaniques pour se défendre contre les dangers imminents
qui les menacent doivent se tendre la main et vivre en bons voisins,
sans arrière-pensée, en écartant toutes les difficultés qui pourraient les
diviser. Pour y parvenir, ils doivent toujours avoir devant les yeux
l’idéal de la Suisse qui doit leur servir de modèle. Voici une nation de
trois peuples qui composent la confédération Helvétique : des Allemands,
des Français et des Italiens. L'adversité entre les nations qui entourent
cette petite île de paix et de liberté qu’est la Suisse, n’est pas moindre
qu’entre les divers pauples qui habitent les Balkans. En Suisse, une vraie
république, la liberté de conscience est complète, l’appartenance à une
nationalité plutôt qu’à une autre, ne joue aucun rôle ; une égalité absolue
entre tous et, miracle de la civilisation et du patriotisme, toutes ces différentes
nationalités se sentent une âme commune, s'’inspirent d’un et
même patriotisme helvétique pour le bien et le bonheur de la patrie
aimée. Telie doit être la démocratie qui devrait régner dans les Balkans
À la place de la prétendue démocratie qui n’est qu’un masque d’hypocrisie
dissimulant mal un absolutisme cruel et inhumain.
Dans les conditions actuelles, l'Etat moderne, s’appuyant sur une
majorité dominante, procure à celles-ci des conditions très favorables
pour dominer les minorités et finalement les attirer et se les assimiler, Il est
dans l'intérêt de l’Etat — son intérêt bien entendu — de soutenir les
minorités pour émousser les angles et faire disparaître progressivement
cette primauté en les aidant à arriver au niveau culturel de la majorité
sans chocs sans animosité.
Les minorités bulgares, là où elles se trouvent dispersées, ne demandent
rien d’extraordinaire ; elles réclament seulement qu’on respecte
leur intégrité nationale, qu’on ne leur impose pas une église et une
langue qu’elles ne comprennent pas; ce qui ‘les-ravale au rang - de