Full text: La Hongrie de l'Adriatique au Danube

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DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE. 399 
Szemle a groupé autour d’elle l’élite des jeunes écrivains, romanciers et 
poètes, tandis que la Budapeste Szemle est restée l’organe de l’Académie. 
La « Nemzetgazdasagi Szemle est aussi rédigée par une pléiade de jeunes, 
d enthousiastes et de vaillants. 
Le besoin d action est si grand chez ce peuple, qu on voit se fonder en 
Hongrie presque autant de sociétés scientifiques, littéraires, philologiques, 
historiques, archéologiques, artistiques, etc., que de journaux. Quant aux 
clubs, ils sont au nombre de dix-sept, et comptent presque toute la popu 
lation parmi leurs membres. 
Quelques-uns de ces clubs sont aménagés avec le luxueux confort de 
leurs modèles anglais; ils ont salle de lecture, bibliothèque, salle de danse 
et de conférences, petits salons-fumoirs, salles de billard, salle de café et 
‘ïe jeu, et salle à manger. Le club national ou Casino est particulièrement 
fréquenté par l’aristocratie, les professeurs, les personnalités marquantes 
fiuns les sciences, dans les lettres et dans les arts. Ce club, fondé un peu 
avant la révolution de 1848 par le comte Étienne Széchenyi, compte au- 
J°urd hui plus de mille membres, qui payent une cotisation annuelle de 
( leux cent cinquante francs. 
Les cours vitrées des hôtels, qui se transforment en été en jardins-res 
taurants, sont aussi des lieux de réunion très-fréquentés. On y vient en 
famille absorber beaucoup de bière allemande et de musique tzigane. La 
Lande de ces musiciens la plus célèbre en ce moment est dirigée par Racz 
Lal, un artiste inspiré comme Rémennyi, et qui est le père heureux de 
Hente-trois enfants. 
H y a à Budapest huit théâtres, dont trois théâtres d’été construits en 
plein air, au milieu des ombrages et des bosquets, comme nos bastringues 
fres Champs-Élysées. Au Théâtre National, on joue l’opéra et la comédie; 
au Théâtre Populaire hongrois, l’opérette et le drame. J’y ai vu jouer Mi- 
Q hel Strogoff bien longtemps avant qu’on songeât chez nous à tirer une 
pièce du roman de Jules Verne. 
C’était l’œuvre d’un simple ouvrier menuisier, qui s’est acquis une vé 
ritable réputation d’auteur dramatique en Hongrie. 
Au Théâtre National, placé sous 1 habile intendance de M. le baron 
Lodmanisky, on donne Molière presque aussi bien qu’à la Comédie fran 
çaise. 
Les théâtres d’été cultivent la farce. Les Hongrois, qui excellent dans 
la comédie, réussissent très-bien dans le vaudeville et la charge. Quant 
au théâtre allemand, il a fait faillite. Une société viennoise a voulu le res 
susciter, mais le conseil municipal de Budapest s’y est opposé.
	        
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