Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  11.  —  DE  LA  RENTE  DE  LA  TERRE.  51
pourle  surcroît  de  population  :  c’est  un  signe,  mais  ce  n’est  jamais  une
cause  de  la  richesse;  car  la  richesse  s’accroit  souvent  très-rapidement
pendant  que  la  rente  reste  stationnaire,  ou  même  pendant  qu’elle
baisse.  La  rente  hausse  d’autant  plus  rapidement,  que  les  terrains
disponibles  diminuent  de  facultés  productives.  Là  où  la  richesse  augmente ­
  avec  le  plus  de  vitesse,  c’est  dans  les  pays  où  les  terres  disponibles ­
  sont  le  plus  fertiles,  où  il  y  a  le  moins  de  restrictions  à
1  importation,  où,  par  des  améliorations  dans  l’agriculture,  on  peut
multiplier  les  produits  sans  aucune  augmentation  proportionnelle
dans  la  quantité  de  travail,  et  où,  par  conséquent,  l’accroissement  des
rentes  est  lent.
Si  le  prix  élevé  du  blé  était  l’effet  et  non  la  cause  de  la  rente,  il
varierait  en  raison  de  l’accroissement  ou  de  la  diminution  de  la  rente
qui  se  trouverait  former  ainsi  une  portion  intégrante  des  prix.  Mais
c’est  le  blé  qui  a  exigé  pour  sa  production  le  plus  de  travail  qui
est  le  régulateur  du  prix  des  grains;  et  la  rente  n’entre  pas  et  ne
peut  entrer  pour  rien  dans  les  éléments  du  prix  du  blé  *.  Adam
gine  a  réglék'vaim"  échangée  deTLn^^^^^^  quât

et  sans  capitaux,  mais  sans  que  ces  moyens  de  production  ne  soient  des  oropr/é-¿C.S
  ne  peut-on  pas  dire  que  leurs  propriétaires  exercent  une  fonction  productive,
  puisque  sans  elle  la  production  n’aurait  pas  lieu?  fonction  commode  à
InZl  ,•  '""r  nos  sociétés,  a  exigé  une  accumulat.on,
  fruit  d  une  production  et  d'une  épargne,  c’est-à-dire  d’une  privation
anterieure.  Quant  aux  capitaux,  ils  sont  évidemment  le  fruit  de  la  production  de
eurs  auteurs;  et  quant  aux  terres,  si  le  premier  occupant  en  a  pu  jouir  à  titre
gratuit,  a  coup  sûr  on  ne  peut  obtenir  une  terre  actuellement  que  par  une  nroduction
  de  valeurs  épargnées,  égale  à  sa  valeur.  Je  ne  parle  pas  des  biens  qu’on
a  par  succession  ou  par  dons  entre-vifs  qui  ne  changent  en  rien  la  nature  et  les
c  J  têts  de  la  propriété  par  rapport  au  consommateur.
Si  donc  les  propriétés  territoriale  et  capitale  sont  le  fruit  d’une  production  de
la  part  de  leurs  possesseurs  ou  de  ceux  qui  la  leur  ont  transmise,  je  suis  fondé  à
représenter  ces  propriétés  comme  des  machines  travaillantes,  productives,  dont
les  auteurs,  en  se  croisant  les  bras,  tireraient  un  loyer  ;  et  j'ajoute  que  ce  loyer
ferait  partie  des  frais  de  production,  de  ce  que  Smith  appelle  le  prix  natureldu
pio  uit.  entrerait  aussi  dans  le  prix  vénal  de  ce  même  produit;  car  si  l’acquéreur ­
  ne  pavait  pas  tout  ce  qu  il  faut  pour  que  la  machine  gagnât  un  loyer,  celte
machine,  dont  la  volonté  est  représentée  par  la  volonté  de  ses  maîtres,  cesserait
de  P  éter  son  concours,  et  le  produit  n’aurait  pas  lieu.  —J.  -  B.  Sav.
La  parfaite  intelligence  de  ce  principe  me  paraît  une  chose  de  la  plus  haute
importance  en  économie  politique.  (Ao/e  de  l'Auteur.)
            
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