Full text: Oeuvres complètes

.'54 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 
Celte accumulation de capital fera naître une plus forte demande 
d’ouvriers, fera hausser leurs salaires, et augmentera la population ; il 
y aura ainsi, demande croissante de produits agricoles, et, par suite, 
augmentation de culture. Atais ce n’est qu’après l’augmentation de 
la population que les fermages pourront s’élever à leur ancien taux, 
c’est-à-dire après que les terres n* 3 auront etc soumises à la cul 
ture; et il se sera écoulé dans cet intervalle un espace de temps assez 
considérable, signalé par une diminution réelle des rentes. 
Les améliorations en agriculture sont de deux espèces : les unes 
augmentent la force productive de la terre, et les autres nous font 
obtenir ses produits avec moins de travail. Toutes deux tendent à 
faire baisser le prix des matières premières; toutes deux inlluent sur 
la rente, mais pas également. Si elles ne faisaient pas baisser le prix 
des matières premières, elles ne seraient plus des améliorations; car 
leur caractère essentiel est de diminuer la quantité de travail qui était 
nécessaire auparavant pour la production d’une denrée, et une telle 
diminution ne saurait s’effectuer sans être suivie de la baisse de son 
prix ou de sa valeur relative. 
Les améliorations qui augmentent les pouvoirs productifs de la 
terre, comprennent les assolements et de meilleurs engrais. Par ces 
améliorations l’on peut retirer le máme produit d’une moindre éten 
due de terrain. Si au moyen d’une rotation de turneps je puis en 
même temps nourrir mes moutons et avoir une récolte de blé, le 
terrain qui servait auparavant à nourrir mes moutons deviendrait 
inutile, et j’obtiendrais la máme quantité de produits bruts en em 
ployant une moindre quantité de terrain. Si je découvre un engrais 
qui fasse produire au máme terrain 20 pour cent en plus de blé, je 
puis retirer une partie du capital qui se trouve employé à la [)artie la 
plus improductive de ma ferme. Afais, comme je l’ai déjà remarqué, 
il n’est pas nécessaire, pour faire baisser la rente, de soustraire des 
terres à la culture : il su flit pour cela qu’on emploie des portions 
successives de capital dans la même terre avec des résultats diffé 
rents, — la portion qui donne le moins de profit étant retirée. Si 
par 1 introduction de la culture des turneps ou par l’usage d’engrais 
plus riches, je puis avoir le même produit moyennant le même ca 
pital, et sans changer la différence qui existe entre les rendements des 
portions successives de capital, je ferai baisser la rente, car cette 
portion, qui est la plus productive, sera celle qui servira de mesure 
pour estimer toutes les autres. Supposons, par exemple, que les 
portions successives de capital produisent 100, 90, 80, 70 : ma rente
	        
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