Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  V.  -  DKS  SALAIRES

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son  de  la  quantité  de  matière  première  qui  entre  dans  leur  composition, ­
  et  il  lui  faudra  payer  davantage  pour  les  obtenir.  Quoique  le
thé,  le  sucre,  le  savon,  la  chandelle  et  le  loyer  de  sa  maison  ne  lui
coûtent  peut-être  pas  plus  cher,  le  lard,  le  fromage,  le  beurre,  le
linge,  la  chaussure  et  l’habillement  lui  coûteront  davantage  ;  et  par
conséquent,  malgré  l’augmentation  des  saiam«,  sa  position  sera  devenue ­
  comparativement  plus  mauvaise.  On  pourrait  m’objecter  que
je  considère  toujours  l’effet  des  salaires  sur  les  prix,  en  partant  de  la
supposition  que  l’or  et  les  métaux  qui  servent  à  frapper  les  monnaies
sont  un  produit  du  pays  où  il  y  a  variation  dans  les  salaires,  et  que
les  conséquences  que  j’en  tire  s’accordent  mal  avec  l’état  actuel  des
choses,  parce  que  l’or  est  un  métal  que  nous  tirons  de  l’étranger.
Mais  de  ce  que  l’or  est  le  produit  de  l’étranger,  il  ne  s’ensuit  pas  que
l’argument  soit  moins  vrai;  car  l’on  peut  démontrer  que  les  effets  seraient, ­
  en  dernière  analyse,  les  mêmes,  soit  que  l’on  trouvât  l’or  dans
le  propre  pays,  soit  qu’on  le  retirât  de  l’étranger.
Lorsque  les  salaires  haussent,  c’est  que  l’augmentation  de  la  richesse ­
  et  des  capitaux  augmente  en  général  la  demande  de  bras,  qui
doit  infailliblement  être  suivie  d’une  production  plus  considérable
de  denrées.  Pour  mettre  dans  la  circulation  ce  surcroît  de  denrées,
même  aux  anciens  prix,  il  faudra  plus  d’argent,  plus  de  cette  matière
tirée  de  l’étranger,  dont  on  fabrique  la  monnaie,  et  que  l’on  ne  peut
se  procurer  que  par  l’importation,  l'outes  les  fois  que  la  demande
d’un  article  devient  plus  forte,  sa  valeur  relative  hausse  par  rapport
aux  autres  objets  avee  lesquels  on  l’achète.  Si  l’on  demandait  plus  de
chapeaux,  leur  prix  hausserait,  et  l’on  donnerait  plus  d’or  en  échange.
Si  c’est  l’or  dont  la  demande  est  plus  forte,  l’or  haussera,  et  les  chapeaux ­
  baisseront  de  prix,  car  il  faudra  une  plus  grande  quantité  de
chapeaux  et  d’autres  articles  pour  acheter  la  même  quantité  d’or.
Mais  dire,  dans  le  cas  supposé,  (|ue  les  denrées  haussent  en  raison  de
la  hausse  des  salaires,  ce  serait  une  contradiction  manifeste;  car  nous
dirions  d’abord  que  l’or  hausse  de  valeur  relative  par  suite  de  la
demande,  et  ensuite  que  sa  valeur  relative  doit  baisser,  parce  que  les
prix  haussent,  —  deux  phénomènes  absolument  incompatibles.  Dire
que  les  denrées  haussent  de  prix,  c’est  dire  que  la  valeur  relative  de
la  monnaie  baisse;  car  ce  sont  les  denrées  qui  servent  à  estimer  la  valeur ­
  relative  de  l’or.  Si  le  prix  de  toutes  les  denrées  haussait,  l’or
étranger  ne  viendrait  certainement  pas  les  acheter  pendant  qu  elles
seraient  chères  ;  il  sortirait,  au  contraire,  du  pays  pour  être  avantageusement ­
  employé,  à  l’étranger,  à  l’achat  des  denrées  qui  sont  à
            
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