CHAP. VI. — DES PROFITS. HN
selon la hausse ou la baisse des salaires. Mais si le prix du blé
hausse, parce que sa production exige plus de travail, cette cause ne
fera point hausser le prix des objets manufacturés dont la fabrica
tion n exige point de travail additionnel. Dans ce cas, si les salaires
restent les mêmes, les profits ne changeront pas ; mais comme il est
indubitable que les salaires montent par la hausse du blé, les profits
alors doivent nécessairement baisser.
Si un fabricant donnait toujours ses marebandises pour la même
somme d argent, pour 1,000 liv. st., par exemple, ses profits dé
pendraient du prix du travail nécessaire pour leur fabrication. Ils
seraient moindres avec des salaires de 800 livres qu’avee d'autres
de 000livres. A mesure donc que les salaires hausseraient, les pro
fits diminueraient '. Mais si le prix des produits agricoles aug-
' Je vois, moi, dans ces deux faits un parallélisme; constant, inévitable
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ait que les profits suivraient une progression toujours ascendante. Or, il n'en
estríen. Pour nous les intérêts de l’ouvrier et du chef d’industrie sont entière
ment lies : greffes comme deux rameaux sur la production, ils en suivent toutes
les phases, prospérant ou languissant avec elle. En effet, u’est-ce pas sur le prix
courant des marchandises que le manufacturier prélève son revenu et celui de
1 ouvrier, et ce prix courant ne varie-t-il pas en raison des frais de production
combines avec l’abondance des produits ? Faites que les demandes soient actives
(lue les échangés se multiplient, que l’industrie fatigue les machines à produire el
NOUS aurez éleve le prix des marchandises. Et comme une production animée
necessite des bras nombreux, le travail haussera de valeur inévitablement ; -
c est 1 époque où l’ouvrier commande et fait largement sa part dans le butin indas-
triel. Faites, au contraire, que les liesoinsdiminuent, que les magasins encom
brés de produits réduisent au repos la plupart des usines, et vous voyez fléchir
aussitôt le prix des marchandises. Or, comme un travail languissant est le signal
de la déserUon des ateliers, l’ouvrier voit s’anéantir ses ressources c’est l’époque
(Ml il fléchit le genou, pressé par la faim et par une concurrence acharnée. Mai
dans tous les cas les chances sont les mêmes pour le travailleur et le capitaliste; et
s 11 arrive que, même aux époques de prospérité manufacturière, l’ouvrier ne
participe que faiblement aux bénéfices delà production, on peut être sûr que
sa con ition est bien plus douloureuse, plus poignante aux moments de crise et
a aissement. L exemple de l’Angleterre depuis ces dernières années suffirait
seu pour démontrer la vérité de ces conclusions que nous dictent le bon sens
a logique. F.n 1838, 3{> et 40, on vit les districts manufacturiers s’assombrir
out à coup, menacés par une disette imminente et par une crise qui devait
contre-coup des crises financières de l’Amérique. Les manufacturiers.