Full text : Oeuvres complètes

128  PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
augmenter  le  prix"du  blé,  par  rapport  à  celui  des  autres  denrées,
dans  un  degré  proportionné  à  l’impôt.  Et  selon  qu’il  entre  plus  ou
moins  de  matières  premières  dans  la  composition  des  autres  marchandises, ­
  la  valeur  de  ces  dernières  haussera  aussi,  à  moins  que  les
effets  de  l’imjxH  ne  soient  contre-halancés  par  d’autres  causes.  Ces
marchandises  se  trouveraient  en  effet  frappées  d’un  impôt  indirect,
et  leur  valeur  hausserait  à  proportion  de  l’impôt.  i
Un  impôt  sur  les  produits  agricoles  et  sur  les  objets  de  première
nécessité  pour  l’ouvrier  aurait  encore  un  autre  effet,  celui  de  faire
hausser  les  salaires.  Par  une  suite  des  causes  qui  règlent  la  popula-  ,
tion  et  qui  augmentent  l’espèce  humaine,  les  salaires  les  plus  faibles  |,
ne  se  maintiennent  jamais  beaucoup  au-dessus  du  taux  que  la  na-  j,
ture  et  l’habitude  exigent  pour  l’entretien  des  ouvriers.  Cette  classe
d’hommes  ne  peut  jamais  supporter  aucune  portion  considérable
de  l’impôt;  et  par  conséquent,  si  elle  était  tenue  de  payer  8  schcllings
de  plus  par  quarter  de  blé,  et  un  peu  moins  à  proportion  pour  les  |
autres  denrées,  elle  ne  pourrait  pas  subsister  au  moyen  des  anciens
salaires.  Les  salaires  doivent  donc  nécessairement  hausser  ;  et  à  me-  ^
sure  qu’ils  haussent,  les  proiits  devront  baisser.  Le  gouvernement
percevrait  un  impôt  de  8  sh.  par  quarter  sur  tout  le  blé  consommé
dans  le  pays,  et  une  partie  de  cet  impôt  serait  payée  directement
par  les  consommateurs  de  blé;  l’autre,  payée  indirectement  par
les  personnes  qui  emploient  des  ouvriers,  influerait  sur  les  profits
de  la  même  manière  que  si  les  salaires  eussent  haussé  par  la  demande ­
  plus  forte  d’ouvriers  comparée  à  l’offre,  ou  si  cette  hausse
eût  été  causée  par  une  difficulté  croissante  d’obtenir  la  nourriture
et  les  objets  nécessaires  à  U  entretien  des  travailleurs.
Eu  tant  que  l’impôt  frappe  les  consommateurs,  c’est  un  impôt  égal  ;  '
mais  il  est  inégal  en  tant  qu’il  affecte  les  profits,  puisqu’il  ne  pèse  ni  :
sur  le  propriétaire  foncier,  qui  continue  a  recevoir  les  mêmes  rentes
en  argent,  ni  sur  le  capitaliste,  qui  retire  les  mêmes  intérêts  de  son
capital.  Un  impôt  Sur  le  produit  de  la  terre  opérera  donc  de  la  ma-  i
nière  suivante  :  |
1  ®  Il  fera  hausser  le  prix  des  produits  de  la  terre  d’une  somme  égale
à  celle  de  l’impôt,  et  devra  par  eonséquent  tomber  sur  chaque  consommateur ­
  en  proportion  de  sa  consommation  ;
2®  Un  tel  impôt  devra  augmenter  le  prix  de  la  main-d’œuvre,  et  |
faire  baisser  les  profits.
On  peut  donc  faire  contre  cet  impôt  les  objections  suivantes  :
1®  Cet  impôt,  en  faisant  hausser  le  prix  de  la  main-d’œuvre,  et  en  ,
            
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