n8 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Dans le premier cas, le contribuable aura pour 1000 I. une quantité
aussi grande de marchandises ((uc celle qu’il pouvait acheter au
paravant pour 9101.; dans le second, il n’en obtiendra que ce qu’il
pouvait acheter auparavant pour 900 1. Cela tient à la différence
dans la quotité de l’impôt, qui, dans le premier cas, n’est que d’un
onzième du revenu, et qui, dans le second est d’un dixième, l’ar
gent ayant dans les deux cas une valeur différente.
Mais quoique le numéraire ne soit pas imposé, et que sa valeur
ne change point, toutes les denrées hausseront de prix, mais dans
des proportions différentes ; elles ne conserveront plus après l impôt,
les unes par rapport aux autres, la même valeur qu elles avaient
auparavant. Dans une partie antérieure de cet ouvrage, nous avons
examiné les effets du partage du capital en capital fixe et en capital
circulant, ou plutôt en capital durable et en capital périssable, sur
le prix des denrées. INous avons fait voir que deux manufacturiers
pouvaient employer précisément un capital pareil, en retirer des
profits égaux, et cependant vendre les produits de leur industrie
pour des sommes d’argent très-différentes, selon que leurs capi
taux seraient consommés et reproduits plus ou moins rapide
ment. L’un pourrait vendre ses marchandises 4,000 I., et l’autre
10,000 1., chacun employant peut-être un capital de 10,000 I.,
dont l’un comme l’autre retirerait 20 pour cent de profit, ou
2,000 1. Le capital de l’un peut se composer, par exemple, de 2,0001.
de capital circulant qui doit sc reproduire, et en 8,000 1. de ca
pital fixe, en liàtiments et en machines; le capital de l’autre, au
contraire, pourrait se composer de 8,000 I. de capital circulant, (t
de 2,000 1. seulement de capital fixe en machines et en bâtiments.
Maintenant, supposons que chacun des ces manufacturiers soit
imposé à 10 pour cent de son revenu , ou à 200 1. L un, pour reli
rer de son capital les profits ordinaires que rapportent les autres
commerces, doit élever ses marchandises de 10,000 I. a 10,200 1.;
et l’autre sera forcé d’élever le prix des siennes de 4,000 I. à 4,200 I.
Avant l’impôt, les marchandises vendues par l’un de ces manufac
turiers avaient une valeur plus forte deux fois et demie que celle
de l’autre : après l’impôt, elles vaudront 2.42 fois davantage; une
espèce de marchandise aura haussé de 2 pour cent, et l’autre de
5 pour cent. Par conséquent, un impôt sur le revenu, tant que
l’argent ne change point de valeur, doit changer la valeur et le prix
relatif des marchandises.
Cela serait encore vrai si l’impôt, au lieu d’être assis sur les pro-