i8í l‘Hli\(:i!*ES DE I/KCONOMIE l*OLITIQlJE.
sequent nous eontinucrions, pendan! un certain temps, à acheter,
quoique avant cessé de vendre; nous exporterions de l’argent ou
des lingots, jusqu’à ce que les prix relatifs des marchandises re
devinssent à peu près tels qu’ils étaient auparavant. Il me paraît
induhitahle qu’un impôt bien réglé, prélevé sur les profits, doit, en
dernière analyse, ramener les marchandises du crû et celle de
l’étranger au prix en argent qu elles donnaient avant l’établisse
ment de l’impôt.
Comme les impôts sur les produits agricoles, la dîme, les impôts
sur les salaires, et sur les objets de première nécessité, augmentent
les salaires et font baisser les profits, ils produiront tous les mêmes
effets, (quoique dans des degrés différents.
La découverte des machines qui améliorent grandement les pro
duits nationaux, tend toujours à élever la valeur relative de l’argent
et à favoriser par conséquent son importation, fout impôt, toute
nouvelle entrave qu’éprouve le manufacturier, ou le cultivateur,
tend au contraire à faire baisser la valeur relative de l’argent, et par
conséquent à en favoriser l’exportation
' M. Ricardo, dans tout ce chapitre, et dans plusieurs autres endroits de son
ouvrage, ne fait pas attention qu’il y a une autre variation de prix qu’une
variation purement relative. Pour lui l’argent devient plus cher si dans un
achat on donne moins d’argent pour avoir une même marchandise. A ce
compte, comme on donne à présent seulement une once d’argent environ pour
acheter un volume ordinaire, un Nouveau-Testament, par exemple; tandis
que pour se procurer le même ouvrage en l’année I50n, il fallait donner envi
ron deux onces d’argent, il en résulterait que l’argent est devenu plus cher, plus
précieux, puisqu'on en donne moins pour une quantité de marchandise pa
reille. Cependant il n’en est rien. D’autres considérations nous ont appris , au
contraire, que l’argent est dix fois plus abondant, et environ quatre fois meil
leur marché qu’en 1500 Si l’on donne une fois autant de livres pour un même
poids d’argent, il faut donc que les livres aient diminué de prix dans la propor
tion à peu près de huit à un.
Il m’est impossible de me livrer ici aux développements qui seraient nécessaires
pour faire entendre la différence qu’il y a entre une baisse réelle et une baisse
relative des prix ; on les trouve dans mon Traité (Téronomip politique,, liv. Il,
chap. 4. Ils se réduisent en somme à ceci ; la baisse du prix d’un produit est
réelle lorsque, avec les mêmes moyens de production, les mêmes frais de pro
duction, le même terrain, le même capital, le même travail, on obtient une phus
plus grande quantité de produit. Dn livre imprimé, comparé avec un livre ma
nuscrit, coûte huit fois moins d’intérêt de capital et de main-d'œuvre : donc il
est réellement huit fois moins cher.
line once d’argent coûte, en Europe, quatre fois moins d'avances et de main-