212 principes de L’économie poi.itioue.
capital sera par consécpient employé dans le eoramerce des vins, ou
dans celui des meubles, mais il y en aura davantage d’employé à la
fabrication des objets que le gouvernement se procure moyennant
le produit des impôts qu’il lève.
M. Say dit que M. Turgot, en réduisant leu droits d’entrée et de
halle sur la marée de moitié à Paris, n’en diminua point le produit
total, et qu’il faut par conséquent que la consommation du poisson
ait doublé. 11 en conclut qu’il faut que les profits du pécheur et de
ceux qui font le commerce du poisson aient doublé aussi, et que le
revenu du pays doit s’être accru de tout le montant de l’augmenta
tion des profits, dont une partie, en s’accumulant, doit avoir aug
menté les ressources nationales '.
Sans examiner les motifs qui ont dicté une telle modification
de l’impôt, qu’il me soit permis de douter qu elle ait beaucoup
encouragé l’accumulation. Si les profits du pécheur et des autres
personnes engagées dans ce commerce avaient doublé par suite de
la consommation augmentée du poisson , certaines portions de capi
taux et de travail auraient été détournées de quelque autre occupa
tion pour être employées dans cette branche ¡lartieulière de com
merce. Mais le capital et le travail employés à ces autres occupations
procuraient un profit auquel on a dû renoncer en les retirant de cet
» moins chères, il y a un peu plus de gaspillage. Quand la disette survient,
>. la classe indigente est mal nourrie ; elle fait de petites parts à ses enfants ;
» loin de mettre en réserve, elle consomme ce qu’elle avait amassé; enfin il n’est
» (lue trop avéré qu’une portion de cette classe souffre et meurt. »
C’est un des faits les plus constants que la demande diminue à mesure que
les prix augmentent, et la raison en est palpable. Les facultés des consomma
teurs s’élèvent par degrés insensibles, depuis les plus pauvres jusqu’aux plus
riches; or, du moment qu’un prix s’élève, il excède les facultés de quel(|ues
consommateurs qui pouvaient y atteindre l’instant d’avant. Cette conséquence
est forcée ; autrement les consommateurs dépenseraient plus qu’ils n’ont à
dépenser. Quand cela arrive à quelqu'un , c’est qu’il dépense le bien d’un
autre, qu’il substitue sa consommation à celle qu’un autre aurait faite. —
J,-B. Say.
* La remarque suivante du même auteur me semble également fausse :
« Lorsqu’on met un droit excessif sur les cotons, on nuit à la production
» de tous les tissus dont cette matière est la base. Si la valeur totale ajoutée
» aux cotons par tes diverses manufactures s’élève en un certain pays à lOO
X) millions par an, et que les droits réduisent de moitié cette activité, alors
» l’impôt ravit chaque année à ce pays .'»O millions ; indépendamment de
»qu’il fait entrer dans le trésor.» Livre Ill, chapitre xviii.
fMote de l’Anteurj.