Full text : Oeuvres complètes

CHAl>.  XIX.  —  DES  CHANGEMENTS  DANS  LES  VOIES  DU  CüMM.  24.^i

salaires  baisseraient  eu  môme  temps,  tandis  que  les  profits  monteraient. ­

A  quelque  bas  prix  que  tombât  le  blé,  si  le  capital  ne  pomait  être
retiré  de  la  terre,  et  si  la  demande  n’augmentait  pas,  1  importation
du  blé  serait  impossible,  car  le  pays  en  produirait  la  même  quantité
qu’auparavant.  Bien  qu’il  y  eût  un  partage  différent  du  produit,
bien  que  (¡ueb^ues  classes  de  la  société  y  gagnassent,  et  que  d  autres
y  perdissent,  la  somme  totale  de  la  production  serait  exactement  la
même,  et  la  nation,  prise  collectivement,  ne  se  trouverait  ni  plus

riche  ni  plus  pauvre.
Mais  une  baisse  relative  dans  le  prix  du  blé  a  toujours  cet  heureux
résultat  d’accroître  le  fonds  destiné  à  payer  le  travail;  car,  sous  le
nom  de  profits,  une  part  plus  considérable  reviendra  à  la  classe  productive, ­
  et  une  moindre  part,  sous  le  titre  de  rente,  a  la  classe  improductive. ­


Cela  est  vrai,  même  en  admettant  que  le  capital  ne  peut  pas  être
retiré  de  la  terre,  et  qu’il  doit  y  être  employé  ou  rester  sans  emploi.
Si  pourtant  une  grande  partie  de  ce  capital  pouvait  être  retirée,  comme ­
  il  est  évident  que  cela  est  possible,  elle  ne  le  sera  cependant  que
lorsqu’elle  rapportera  davantage  au  propriétaire  dans  un  autre  emjdoi.
  Cette  portion  de  capital  ne  sera  donc  retirée  que  lorsqu’elle
pourra  être  employée  d’une  manière  plus  productive  et  pour  le  propriétaire ­
  et  pour  le  public.  Le  j)ropriétairc  consent  à  perdre  la  portion ­
  de  capital  qu’il  ne  peut  dégager  de  la  terre;  car  avec  la  portion
qu’il  lui  est  possible  d’en  retirer,  il  peut  obtenir  une  plus  grande  valeur ­
  et  une  plus  grande  quantité  de  produits  agricoles,  que  s  il  voulait ­

  tirer  parti  de  la  portion  de  capital  qu’il  laisse  dans  la  terre.  Il
SC  trouve  précisément  dans  la  position  d’une  personne  qui  aurait
construit  à  grands  frais  des  machines  dans  une  manufacture,  machines ­
  qui  auraient  été  tellement  perfectionnées  par  de  récentes  découvertes, ­
  (ju’il  en  serait  résulté  une  diminution  dans  le  prix  de  ses
produits.  Ce  serait  un  sujet  bien  digne  de  calcul  pour  lui,  de  savoir
s’il  doit  abandonner  scs  vieilles  machines,  et  les  remplacer  par  d’autres ­
  plus  parfaites,  en  perdant  toute  la  valeur  des  anciennes,  ou  continuer ­
  à  tirer  parti  de  leur  puissance,  comparativement  faible.  Quel
serait  l’homme  qui,  dans  de  telles  circonstances,  s’aviserait  de  lui
conseiller  de  ne  ¡mint  adopter  les  nouvelles  machines,  par  la  raison
que  cela  diminuerait  ou  détruirait  même  la  valeur  des  anciennes.
l’elest  cependant  le  raisonnement  de  ceux  qui  voudraient  que  1  on
défendît  l’importation  du  blé,  raisonnement  fondé  sur  ce  qu  elle  tend
            
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