cil. XX.
UES PKOrKlÉTÉS UE LA VALEIH ET UES RICHESSES.
2T7
CHAPITRE XX.
DKS 1‘KOPRIÉTKS lUSTIPiCTIVES DE LA VALEUR ET DES RICHESSES.
« Un liomme est pauvre ou riche, dit Adam Smith , selou le plus
» ou moins de choses nécessaires, utiles ou agréables, dont il peut
» se procurer la jouissance. »
La valeur diffère donc essentiellement de la richesse ; car la valeur
ne dépend pas de l’ahondance, mais bien de la difficulté ou de la
facilité de production. Le travail d’un million d’hommes produira
toujours la même valeur industrielle, sans produire toujours la
môme richesse. Par l’invention de machines, par plus d’hahileté,
par une division mieux entendue du travail, ou par la découverte de
nouveaux marchés où l’on peut faire des échanges plus avantageux,
un million d’hommes peut, dans un état donné de la société, dou
bler ou tripler les richesses, les choses nécessaires, utiles ou agréa
bles, que produisait aujiaravant le môme nombre d’ouvriers ; mais
on n’ajouterait rien par là à la valeur des produits. Lu effet, tou
augmente ou baisse de valeur à pro[)ortion de la facilité ou de la
difficulté de production, ou, en d’autres mots, à proportion de la
quantité de travail employée dans la production.
Supposons (ju’avec un capital donné, le travail d un certain nom
bre d ouvriers puisse produire mille paires de bas^ et que, par des
inventions de machines, le môme nombre d hommes puisse en pro
duire deux mille paires, ou qu’en continuant à produire mille pai
res, il puisse, de plus, fabriquer cinq cents chapeaux. Daus ce
cas, la valeur des deux mille jiaires de bas, ou celle des mille paires
de bas jointe à celle des ciiui cents chapeaux, sera exactement la
môme qu’avaient les mille paires de bas avant l’introduction des ma
chines, parce que ces différents produits seront le résultat de la môme
quantité de travail. Mais la valeur de la masse générale des denrées se
trouvera cependant diminuée; car, quoique la valeur des pioduits,
augmentés par suite des procédés perfectionnés, soit exactement