2r.i2 PRINCIPES DE L’ECONOMIE POLITIQUE,
de bas eu échange d’une aune de drap. Si une pareille amélioration
avait lieu dans la fabrication du drap, les bas et le drap s’échange
raient dans les mêmes proportions qu’auparavant ; mais ils auraient
tous les deux baissé de valeur, puisqu’il faudrait eu donner double
quantité en les échangeant contre des chapeaux, de l’or ou d’autres
marchandises en général, pour obtenir une quantité déterminée de
ces objets. Que l’amélioration s’étende à la production de l’or et de
toute autre denrée, et les anciennes proportions seront de nouveau
rétablies. 11 y aura double (juantité de produits annuels, et par con
séquent la richesse nationale sera doublée ; mais elle n’aura point
augmenté de valeur
’ Toute cette doctrine est puisée dans mon Traité d’Économie politique
(liv. Il, chap. IV), mais l’auteur en tire une conclusion opposée, c’est-à-dire que
la richesse n’est pas la même chose que la valeur, tandis que j’établis que
la richesse n’est que la valeur des choses. Ce qu’il y a de singulier, c’est qu’Adam
Smith dit dans une circonstance comme Ricardo, et dans beaucoup d’autres
circonstances, comme moi. On sent bien que des auteurs d’un si grand sens, et
accoutumés à ne juger que d’après l’observation, ne peuvent être divisés sur ce
point essentiel que par un malentendu ; or, c’est ce malentendu qu’il faut
éclaircir.
Que la richesse n’est autre chose que la valeur courante des choses qu’on
possède^ c’est un point de fait. Lorsqu’on veut connaître ses richesses, on fait un
état général de tout ce qu’on possède ; on met à la suite de chaque article le prix
qu’on en pourrait tirer si l’on voulait s’en défaire ; et le total compose la richesse
qu’on a voulu connaître. Alais il ne faut point perdre de vue les propriétés inhé
rentes à la valeur, parce que ces mêmes propriétés sont inhérentes à la richesse,
qui n’est autre chose que de la valeur. Ces propriétés sont 1® A variables^
ainsi queje l’ai dit dans ma précédente note : un inventaire n’indique une somme
de richesses que pour le temps et le lieu ou il est dressé. Dès le mois suivant peut-
être, plusieurs prix auront varié, et il ne sera plus exact. Ces prix sont différents
dans la ville voisine *, si l'on s’y transporte avec ses richesses, elles ne seront plus
exactement les mêmes. En conclure que ce n’est pas de la richesse, ce serait vouloir
conclure que la chaleur n’est pas de la chaleur, parce qu il fait frais le malin et
chaud à midi.
Ces propriétés sont encore, 2» d’être relatives : c’est-à-dire que dans l’inven
taire supposé, si l’évaluation totale de la propriété s’élève à 100,000 francs, cela
ne veut dire autre chose, sinon que la valeur de tous ces objets est égale à la
valeur qu’ont, dans le même endroit, vingt mille écus de cinq Irancs pesant cha
cun vingt-cinq grammes au titre de */„ d’argent fin. De ce que le rapport entre
la valeur des effets et la valeur des écus peut cesser d’être la même, il ne s’ensuit
pas encore que la valeur ne soit pas de la richesse; il s’ensuit seulement que dans
le moment de l’évaluation telle richesse en effets est égale à telle richesse en ar
gent. Si les effets viennent à baisser de valeur, ou si l’argent devient plus pré
cieux, le rapport ne sera plus le même ; il en résultera seulement que le posses-