Full text : Oeuvres complètes

cil.  XX.  —  DKS  PKOPIUÉTÉS  DK  LA  VALEUR  ET  DES  RICHESSES.  âNÔ
Üe  ces  (leux  manières  d’augmenter  la  richesse,  ou  doit  préférer  la
seconde,  puisqu’elle  ])roduit  le  même  effet  sans  nous  pri>cr  de  nos
jouissances  ni  les  diminuer,  ce  qui  est  inévitable  dans  la  première.
Le  capital  d’un  pavs  est  cette  portion  de  sa  richesse  qui  est  employée ­
  dans  le  but  d’une  production  à  venir.  Il  peut  s’accroître
de  même  que  la  richesse.  Un  surcroît  de  capital  contribuera  aussi
effectivement  à  la  production  de  la  richesse  future  ,  qu’il  provienne ­
  des  améliorations  dans  les  connaissances  pratiques  et  dans
les  machines,  ou  de  l’emploi  d’une  plus  grande  jiartie  du  revenu

productifs  s’accroissent,  soit  lorsque,  sans  être  plus  grands,  ils  produisent  davanl«ige.
  Ajoulons-y  quelques  éclaircissements.
Par  fonds  productifs,  j’entends  les  terres  productives,  les  capitaux  productifs,
l’industrie  productive.  M.  Ricardo,  disciple  en  cela  de  Smith,  n’entend  que  le
travail.  Dans  sa  première  hypothèse,  les  capitaux  accrus  par  l’épargne  entretiendraient ­
  un  plus  grand  nombre  de  travailleurs.  Il  y  aurait  plus  de  choses  produites ­
  ;  mais  ces  choses  étant  le  résultat  de  plus  de  services  productifs,  seraient
dans  le  même  rapport  de  valeur  avec  les  services  productifs.  I.e  pays  aurait  plus
de  producteurs  (capitalistes  ou  industrieux),  mais  aussi  il  aurait  plus  de  consomniateurs.
  Chacun,  avec  le  même  revenu,  n’obtiendrait  que  la  même  quantité  de
produits.  M.  Ricardo  regarde  cette  augmentation  de  richesses  comme  la  moins
désirable.
I.'autre  augmentation,  en  effet,  est  plus  propre  à  procurer  à  chacun  la  libre  disposition ­
  de  plus  de  produits,  de  plus  de  jouissance.  Elle  consiste  en  un  plus  grand
parti  tiré  des  mêmes  fonds  productifs;  d’où  résulte,  sans  la  moindre  diminution
dans  le  revenu,  une  baisse  dans  la  valeur  des  produits  qui  permet  à  chacun  d  être
mieux  pourvu,  (^l'oyez  ma  dernière  note,  page  252.)
Le  revenu  reste  le  même  quand  le  fonds  productif  rend  le  double  de  produits,
quoique  moins  chers  de  moitié.  C’est  une  chose  de  fait  que  le  raisonnement  explique. ­
  Si  par  un  meilleur  procédé  on  double  le  produit  des  ^rres  en  pommes  de
terre,  par  exemple,  si  l’on  fait  produire  à  chaque  arpent  cent  setiers  à  3fr.
au  lieu  de  cinquante  setiers  à  6  fr.,  dans  les  deux  cas  l'arpent  rapporte
300  fr.;  mais  dans  le  premier  cas,  le  produit  est  à  moitié  prix,  et  relativement ­
  à  ce  produit,  non-seulement  les  revenus  fonciers,  mais  tous  les  revenus  sont
doublés.
De  même,  s’il  est  question  d’un  perfectionnement  qui  fait  qu’un  capital  donne
un  produit  double;  si,  comme  il  est  arrivé  dans  la  fabrication  des  fils  et  tissus
de  coton,  des  machines  valant  30,000  fr.  ont  donné  le  double  des  produits,  de  ce
que  la  même  somme  produisait  avec  autant  de  travail  et  des  machines  moins  parfaites, ­
  alors  les  jiroduits  de  ce  capital  ont  successivement  baissé  de  prix  par  la
concurrence.  On  en  a  eu  le  double  en  quantité,  qui,  en  baissant  de  prix,  ont
néanmoins  valu  autant  en  somme.  Les  revenus  capitaux  n’en  ont  pas  été  altéra;
mais  pour  la  même  somme  de  revenu,  chacun  a  pu  obtenir  le  double  de  produits
en  cotonnades  :  le  public  a  réellement  été  le  double  plus  riche  relativement  aux
cotonnades.  —.I.-B,  Say.
            
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