120 LA HONGRIE
M. Quiquerez me présenta.
— Vous êtes ici chez vous, me dit M X... en me saluant d’un magnifique
salut, à la manière du grand siècle.
Nous montâmes au premier étage, et nous nous trouvâmes sur un péristyle
dont la colonnade, se prolongeant jusqu’à l’extrémité des deux ailes du
bâtiment, s’ouvrait sur un petit jardin intérieur et sur la montagne; des
poules, des pigeons, des dindons, se promenaient autour de nous avec une
familiarité de petits-maîtres. Un paon perché sur le mur, entre deux
colonnes, étalait sa queue, semée d’yeux de velours, semblable à un par
terre de pensées. Un chien courait après les mouches en essayant de
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— Voici Biskra!
les happer; et plus loin, comme ceux de la Fontaine, deux pigeons se
becquetaient.
Après avoir réparé le désordre de notre toilette, nous fîmes notre entrée
au salon, où nous attendaient les dames. Mais je fus désolé de la coupe
moderne de leurs toilettes; dans ce salon, meublé à la mode de 1760, il
leur eût fallu des robes de soie a fleurs et à ramages, des manchettes de
blonde, des souliers à talons rouges et le petit manteau de soie de cou
leur discrète. Soudain la porte s’ouvrit, et une jeune fille de quinze ans, en
robe blanche, apparut portant sur un plateau des verres et des bouteilles. Je
crus cette fois que la Belle au bois dormant venait réellement de se réveiller.