cu. XXI. — DES PROFITS ET DE L’INTÉRÍT DES CAPITAUX. 273
jets, que celles des subsistances destinées aux ouvriers qui doivent
les produire.
Adam Smith dit cependant que le commerce de transport n’est point
un commerce de choix, mais de nécessité ; comme si le capital qui y
est versé fût resté stérile sans un pareil emploi ; comme si le capital
employé au commerce intérieur pouvait regorger s’il n’était contenu
dans de certaines limites. « Quand la masse des capitaux d’un pays,
" dit-il, est parvenue à un tel degré d’accroissement, qu’elle ne peut
être toute employée à fournir à la consommation de ce pays, et à
“ faire valoir son travail productif, alors le superflu de cette masse se
» décharge naturellement dans le commerce de transport, et est em-
" ployé à rendre le même service à des pays étrangers.
» On achète, avec une partie du produit superflu de l’industrie de
" la Grande-Bretagne, environ quatre-vingt-seize mille quarters de
“ tabac dans la Virginie et le Maryland. Or, la demande de la Grande-
" Bretagne n’en exige peut-être pas plus de quatorze mille. Ainsi, si
» les quatre-vingt-deux mille restant ne pouvaient être exportés et
" échangés contre quelque chose de plus demandé dans le pays^ l’impor-
" tation de cet excédant cesserait aussitôt, et, avec elle, le travail
• productif de tous ceux des habitants de la Grande-Bretagne qui sont
» maintenant employés à préparer les marchandises avec lesquelles
» ces quatre-vingt-deux mille quarters sont achetés tous les ans. »
Mais cette portion du travail productif de la Grande-Bretagne
ne pourrait-elle pas être employée à préparer des marchandises
d’une différente espèce, avec lesquelles on aurait la faculté d’acheter
quelque chose qui serait plus demandé dans le pays? Et quand même
cela serait impossible, ne pourrait-on pas, quoique avec moins d’a
vantage , employer ce travail productif à fabriquer les articles de
mandés dans le pays, ou du moins à en fournir d’autres qui pussent
les remplacer? Si nous avions besoin de velours, ne pourrait-on pas
essayer d’en faire; et si nous ne pouvions pas y réussir, ne serait-il
pas possible de fabriquer plus de drap, ou quelque autre objet qui se
rait à notre convenance?
Nous fabriíjuons des marchandises, et avec ces marchandises nous
en achetons d’autres à l’étranger, parce que nous pouvons nous les y
procurer à meilleur compte que si nous les fabriquions chez nous.
Qu’on nous prive de ce commerce, et à l’instant nous fabriquerons de
nouveau ces articles pour notre usage. D’ailleurs cette opinion d’A
dam Smith est en contradiction avec toute sa doctrine générale sur
cette matière. « Si un pays étranger peut nous fournir une marehan-
(OEuv. de Bicardo.) f ^