Full text: Oeuvres complètes

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CH. XXll. — DE L’EXPUUTATiON ET DE LlMPORTATIÜ>. 
hlement que la prime n’influe que sur la quantité déjà produite, et 
qu’elle n’encourage point une nouvelle production. « Dans les années 
» d’abondance, dit-il, la gratification, en occasionnant une exporta- 
« tion extraordinaire, tient nécessairement le prix du blé, dans le 
" marché intérieur, au-dessus du taux auquel il descendrait naturel- 
“ lement... Quoique la gratification soit souvent suspendue pendant 
'* les années de cherté, la grande exportation qu’elle occasionne 
" dans les années d’abondance doit avoir souvent pour effet d’em- 
» pêcher plus ou moins que l’abondance d’une année ne soulage la 
» disette d’une autre. Ainsi, dans les années de cherté, tout aussi 
" bien que dans celles d’abondance, la prime d’exportation tend de 
“ même, nécessairement, à faire monter le prix en argent du blé de 
" quelque chose plus haut qu’il n’aurait été sans cela dans le marché 
" intérieur '. » 
Adam Smith paraît avoir senti parfaitement que la justesse de son 
raisonnement dépendait uniquement de la question de savoir si 
" l’augmentation du prix en argent du blé, en rendant sa culture plus 
“ profitable au fermier, ne doit pas nécessairement en encourager la 
“ production. 
‘ Dans un autre endroit il s’exprime de la manière suivante ; « Quelque exten- 
» sion que la prime puisse occasionner dans les ventes à l’étranger, dans une an- 
» née quelconque, cette extension se fait toujours entièrement aux dépens dn 
» marché intérieur, attendu que chaque boisseau de blé que la prime fait exporter, 
» serait resté dans le marché intérieur, où il aurait augmenté d’autant la con- 
» sommatipn et fait baisser le prix de la denrée. Il faut observer que la prime sur 
»le blé, comme toute autre prime pour l’exportation, établit sur la nation deux 
» impôts différents : le premier est l’impôt auquel il faut qu’il contribue pour dé- 
» frayer la prime, et le second est l’impôt qui résulte du prix renchéri de la 
» denrée dans le marché intérieur; impôt qui, pour cette espèce particulière 
» de marchandise, se paie par toute la masse du peuple, toute la masse devant 
» nécessairement acheter du blé. Par conséquent, à l’égard de cette marchandise 
»en particulier, le second impôt est de beaucoup le plus lourd des deux... Par 
» conséquent, par chaque 6 schellings pour les(;uels le peuple contribue au paie- 
• ment du premier de ces deux impôts, il faut qu’il contribue pour 6 livres ster- 
» ling et 4 schellings à l’acquittement du second... Par conséquent, l’exportation 
» extraordinaire de blé, occasionnée par la prime, non-seulement resserre chaque 
» année le marché et la consommation intérieure de tout ce dont elle étend le 
» marché et la consommation chez l’étranger, mais encore par les entraves à la 
» population et à l’industrie du pays, sa tendance, en dernier résultat, est de gê- 
» ner et de comprimer l’extension graduelle du marché intérieur, et par là de di - 
» minuer à la longue, bien loin de l’augmenter, la consommation totale et le 
" débit du blé. » ( \ote de l'Auteur.J
	        
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