Full text : Oeuvres complètes

cu.  XXllI.  —  DES  MUMES  ACCORDÉES  A  LA  PRODUCTION.  297
nution  des  salaires,  ou,  ce  qui  revient  au  même,  dans  l’augmentation ­
  des  profils.  Quant  à  sa  propre  part  de  la  contribution,  il  la
trouve  dans  la  diminution  du  prix  du  blé  qu’il  consomme,  et  qui
est  l’effet  de  la  prime.
11  est  à  propos  de  distinguer  iei  les  différents  effets  que  produit
sur  les  profits  un  changement  dans  la  valeur  réelle  du  blé,  estimée  en
travail,  et  un  changement  dans  la  valeur  relative  du  blé,  qui  proviendrait ­
  de  l’impôt  et  des  primes.  Si  le  blé  baisse  par  un  changement  de
son  prix  estimé  en  travail,  non-seulement  le  taux  des  profits  des  capitaux ­
  changera,  mais  encore  les  profits  absolus;  ce  qui  n’a  pas  lieu,
comme  nous  venons  de  le  faire  voir,  lorsque  la  baisse  est  occasionnée
artificiellement  par  une  prime.  Dans  la  baisse  de  la  valeur  réelle  du
blé,  qui  provient  de  ce  qu’un  moindre  travail  suffit  pour  produire  un
des  articles  les  plus  importants  de  la  consommation  de  l’homme,
le  travail  est  rendu  plus  productif.  Moyennant  un  même  capital,
et  l’emploi  du  même  travail,  on  obtient  une  augmentation  de  produits ­
  ;  par  conséquent,  non-seulement  le  taux  des  profits  s’accroît,
mais  les  profits  absolus  du  capital  augmentent  aussi  ;  non-seulement
cliacjue  capitaliste  aura  un  plus  gros  revenu  en  argent,  s’il  emploie  le
même  capital  en  argent,  mais  encore  ce  revenu  lui  procurera  une
plus  grande  quantité  de  choses  utiles  et  de  jouissances.  Dans  le  cas
de  la  prime,  l’avantage  qu’il  tire  du  bas  prix  d’un  produit  est  compensé ­
  par  le  désavantage  d’être  obligé  d’en  payer  un  autre  plus
cher  ;  il  retire  de  plus  gros  profits  pour  jiouvoir  payer  ee  prix  plus
élevé,  en  sorte  que  sa  condition  ne  se  trouve  en  rien  améliorée.
Quoique  ses  profits  soient  à  un  taux  plus  élevé,  il  ne  peut  cependant
pas  disposer  d’une  plus  grande  portion  du  produit  de  la  terre  et  de
l’industrie  nationale.
Quand  la  baisse  de  la  valeur  du  blé  est  amenée  par  des  causes  naturelles, ­
  elle  n’est  pas  contrariée  par  la  hausse  des  autres  marchandises ­
  ;  car  ces  marchandises,  au  contraire,  baissent  par  suite  de  la
baisse  des  produits  naturels  qui  servent  à  les  fabriquer.  Mais  quand
là  baisse  du  blé  s’opère  par  des  moyens  artificiels,  elle  est  toujours
contrariée  par  la  hausse  réelle  de  la  valeur  de  quelque  autre  marchandise ­
  ;  en  sorte  que,  si  l’on  achète  le  blé  à  meilleur  marché,  on  paie
d’autres  denrées  plus  cher.
Voilà  donc  une  nouvelle  preuve  qu’il  ne  résulte  aucun  désavantage
particulier  des  impôts  sur  les  olijets  de  première  nécessité,  en  raison
de  ce  qu’ils  font  hausser  les  salaires  et  baisser  les  profits.  Les  profits
tombent,  en  effet;  mais  cette  baisse  est  simplement  égale  au  montant
            
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