Full text : Oeuvres complètes

CH.  XXV  —  DU  COMMKUCE  COLONIAL.  3LS
rement  la  consommation  d’un  produit,  si  ce  produit  est  de  première
nécessité  ;  car,  quoique  en  général  les  ressources  des  consommateurs
se  trouvent  diminuées  par  la  hausse  d’une  marchandise  quelconque,
ils  peuvent  cependant  renoncer  à  la  consommation  de  quelque  autre
produit  dont  les  frais  de  production  n’ont  pas  augmenté.  Dans  ce
eas,  l’offre  et  la  demande  conserveront  la  même  proportion  que  par
le  passé  :  les  frais  de  production  seuls  auront  augmenté,  et  cependant
le  prix  haussera  ;  et  il  doit  hausser,  pour  mettre  les  profits  du  créateur ­
  du  produit  renchéri  au  niveau  des  profits  des  autres  commerces.
M.  Say  convient  que  les  frais  de  production  sont  le  fondement  du
prix,  et  pourtant,  dans  plusieurs  endroits  de  son  livre,  il  soutient
que  le  prix  est  réglé  par  la  proportion  entre  l’offre  et  la  demande.  Le
régulateur  réel  et  définitif  de  la  valeur  relative  de  deux  produits  quelconques ­
  ,  c’est  ce  que  la  production  de  chacun  a  coûté,  et  non  les
(Quantités  respectives  de  chacun  de  ces  produits,  ni  la  concurrence
parmi  les  acheteurs.
Selon  Adam  Smith,  le  commerce  colonial  de  l’Angleterre  étant  un  de
ceux  dans  lequel  il  ne  peut  y  avoir  d’employés  que  des  capitaux  anglais, ­
  fait  monter  le  taux  des  profits  de  tous  les  autres  commerces,  et
comme,  selon  lui,  les  hauts  profits,  ainsi  que  les  forts  salaires,  font
hausser  le  prix  des  produits,  le  monopole  du  commerce  colonial  a  été,
à  ce  qu’il  croit,  nuisible  à  la  mère-patrie,  dont  il  a  diminué  la  faculté  de
pouvoir  vendre  des  objets  manufacturés  à  un  prix  aussi  bas  que  les  autres ­
  pays.  "  Par  l’effet  du  monopole,  dit-il,  l’accroissement  du  com->>
  merce  des  colonies  a  bien  moins  été,  pour  le  (îommerce  général  de  la
->  (irande-Bretague,  la  cause  d’une  addition  à  ce  qu’il  était  aupara-»
  vaut,  que  celle  d’un  changement  total  de  direction.  St^condement,  ce
'»  monopole  a  contribué  nécessairement  à  maintenir,  dans  toutes  les
»  branches  différentes  du  commerce  de  la  Grande-Bretagne,  létaux
»  des  profits  à  un  degré  plus  haut  que  celui  où  il  serait  tenu  iia-»
  lurellemeut,  si  le  commerce  avec  les  colonies  anglaises  eût  été  ou-»
  vert  à  toutes  les  nations....  Or,  tout  ce  qui  fait  monter  dans  un
»  pays  le  taux  ordinaire  du  profit  plus  haut  qu’il  n’aurait  été  sans
«  cela,  assujettit  nécessairement  ce  pays  eu  même  temps  à  un  désavan-"
  tage  aft.so/wct  à  un  désavantage  relnlif  dñm  toutes  les  autreshran-»
  ches  de  commerce,  dont  il  n’a  pas  le  monopole.  Il  assujettit  ce  pays  à
»  un  désavantage  absolu,  attendu  que,  dans  toutes  les  autres  bran
»  ches  de  commerce,  ses  marchands  ne  peuvent  retirer  ce  plus  gros
»  profit  sans  vendre  à  la  fois,  et  les  marchandises  des  pays  étrangers
”  qu’ils  importent  dans  le  leur,  et  les  marchandises  de  leur  propre
            
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