CHAP. xxvn. - DE LA MONNAIE ET DES BANQUES. 3«;
lés nommés par les Parlements, que des émissions de billets de la
banque d’Angleterre, — en les supposant, même, affranchies de la
faculté qu’ont les porteurs de réclamer des espèces ou des lingots, —
que ces émissions, dis-je, n’avaient pas et ne jmuvaient pas avoir
d’action sur le prix des marchandises ou des lingots, ni sur l’état
des changes.
Après l’établissement des Imnques, l’État n’a plus à lui seul le pou
voir de battre monnaie ou d’en faire l’émission. On peut tout aussi
bien augmenter la monnaie en circulation, au moyen du papier de
banque, que par des espèces ; en sorte que si un État altérait ses
monnaies et on limitait la quantité, il ne pourrait en maintenir la
valeur ; car les banques auraient la même faculté que le gouverne
ment d’augmenter la quantité de l’agent de la cireulation.
D’après ces principes, il est aisé de voir que pour donner une va
leur au papier-monnaie, il n’y a pas besoin qu’il soit payable à vue
on espèces monnayées ; il suffit pour cela que la quantité de ce papier !
soit réglée d après la valeur du métal qui est reconnu comme me
sure commune .Si 1 or, d un poids et d’un titre déterminé, était
cette mesure, on pourrait augmenter la quantité du papier à chaque
baisse dans la valeur de l’or, ou, ce qui revient au même quant à
1 effet, à chaque hausse dans le prix des marchandises.
« La banque d’Angleterre, dit le docteur Smith, pour avoir émis
* Cette vérité aurait pu être énoncée par dix auteurs judicieux, et néanmoins
être révoquée en doute par autant d’imbéciles, si ce qui est arrivé dans ces der
niers temps aux billets de la banque d’Angleterre n’était venu confirmer l’asser
tion par un mémorable exemple. Le gouvernement anglais ne pouvant, en 1797,
rembourser à la Banque les avances que cette compagnie lui avait faites, l’auto
risa à faire une véritable banqueroute, qui dure encore, et à ne pas payer ses bil
lets payables à vue. Malgré ce manque de foi, et quoique la Banque n’ait point de
valeur réelle à offrir pour gage de ses billets (car les engagements du Trésor ne
sont quedes promesses), nous avons vu récemment les billets de banque remonter
au pair des espèces monnayées, non, comme on affecte de le dire, à cause du
credit du gouvernement et de l’esprit national des Anglais qui s’obstine à soutenir
la valeur des billets (tout leur esprit national n’en pourrait empêcher la dépré
ciation SI la somme grossissait), mais tout simplement parce que les besoins de la
circulation exigent un agent de la circulation qui se monte à une certaine somme,
est-a-dire à une somme qui égale la valeur courante d’une certaine quantité
^_or ou d’argent; or cette somme paraît avoir été peu excédée par les émis-
beM * de la banque d’Angleterre et des banques de province. C’est une des
ÿ. ^ ^^périences qui aient été faites depuis le commencement de ce siècle eu
' ‘ternie politique, et il s’en prépare d’autres qui ne seront pas moins importan-
~J.-B. SxY.