Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  XXVll.  —  DE  LA  MONNAIE  ET  DES  BANQUES.  327
•  monnaie  pour  èti'e  frappés,  était  toujours  dans  la  nécessité  d  émet--
  tre  des  guiñees  neuves  eu  paiement  des  billets  qui  lui  revenaient,
•»  et  quand  les  espèces  manquaient  en  général  de  poids,  et  que  le
»  prix  des  lingots  était  haut  à  proportion,  on  trouvait  un  intérêt  à
»  tirer  les  gui  nées  de  poids  de  la  banque  en  lui  donnant  son  papier
"  en  échange,  et  ensuite  à  fondre  ces  guinées,  et  à  en  vendre  l’or  en
»  lingots,  avec  profits,  pour  du  papier  de  la  banque,  avec  lequel  on
"  se  procurait  de  nouvelles  guinées,  qu’on  fondait  et  qu’on  vendait
•*  de  même.  La  banque  doit  toujours  être  exposée  à  se  voir  ainsi
«  épuisée  de  son  or  toutes  les  fois  que  les  espèces  monnayées  man-*>
  queront  de  poids,  puisque,  dans  ce  cas,  il  y  a  toujours  un  profit
>»  aisé  et  certain  à  changer  constamment  le  papier  de  banque  contre
»  de  l’or.  Il  est  cependant  bon  d’observer  que,  quelle  qu’ait  été,  à
**  cette  époque,  la  gêne  et  la  dépense  supportées  par  la  banque  par
»  suite  de  l’écoulement  de  ses  espèces,  on  ne  crut  pas  nécessaire  de
»  la  dispenser  de  l’obligation  de  donner  des  espèces  en  paiement  de
-  ses  billets.  »
11  est  clair  que  M.  Buchanan  penseque  toute  la  monnaie  en  circulation ­
  doit  descendre  au  niveau  de  la  valeur  des  pièces  dégradées  ;
mais  certes,  en  diminuant  la  quantité  de  la  monnaie  en  circulation,
tout  le  surplus  peut  être  élevé  à  la  valeur  des  meilleures  pièces.
Le  docteur  Smith  paraît  avoir  oublié  le  principe  qu’il  a  posé  luimême,
  dans  le  raisonnement  qu’il  fait  au  sujet  de  la  monnaie  des
colonies.  Au  lieu  d’attribuer  sa  dépréciation  à  sa  trop  grande  abondance, ­
  il  demande  si,  en  admettant  que  les  valeurs  coloniales  soient
parfaitement  solides,  100  1.  st.,  payables  dans  quinze  ans,  pourraient ­
  valoir  autant  que  100  1.  st.  payables  à  vue.  Je  réponds  que
oui,  si  le  papier  n’est  pas  trop  abondant.
L’expérience  prouve  cependant  que  toutes  les  fois  qu’un  gouvernement ­
  ou  une  banque  a  eu  la  faculté  illimitée  d  émettre  du
papier-monnaie,  ils  en  ont  toujours  abusé.  Il  s’ensuit  que,  dans
tous  les  pays,  il  est  nécessaire  de  restreindre  l’émission  du  papiermonnaie,
  et  de  l’assujettir  à  une  surveillance;  et  aucun  moyen  ne
paraît  mieux  calculé  pour  prévenir  l’abus  de  cette  émission,  qu’une
disposition  qui  impose  à  toutes  les  banques  qui  émettent  du  papier,
<ie  payer  leurs  billets,  soit  en  monnaie  d’or,  soit  en  lingots.
«  Garantir  le  public*  contre  toutes  les  variations  qui  ne  seraient

*  Toutes  les  ligues  renfermées  dans  des  guillemets  sont  extraites  d’un  pamphlet
            
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