CH. XXXll. — DE L’OIMMON HE M. MALTliÜS SLR LA RENTE. 373
" Sous ce point de vue, la reute ne peut rien ajouter au capital
" do la communauté en général ; car l’excédant net en question n’est
“ rien de plus qu’un revenu qui passe des mains d’une classe de la
« société dans celles d’une autre, et il est évident que cela ne peut
» pas créer un fonds susceptible de couvrir l’impôt. Le revenu qui
“ paie les produits de la terre, existe déjà entre les mains de ceux
- qui achètent ces produits, et si le prix des subsistances était plus
- bas, il resterait dans leurs mains, où il serait tout aussi aisé de
- le soumettre à un impôt, que lorsque, en raison d’un prix plus
» élevé, il a passé dans les mains du propriétaire foncier. »
Après diverses observations sur la différence qui existe entre les
produits de l’agriculture et les objets manufacturés, M. Maltbus
demande : « Est-il dès lors possible de considérer la rente, avec
» M. de Sismondi, comme un simple produit du travail, cLmme
• une valeur purement nominale, et qui n’est que le résultat de
- cette augmentation de prix qu’un vendeur obtient par l’effet d’un
: i." r.iïr'SÂ r‘
J ai deja, en traitant de la rente, exprimé nettement mon opinion,
et J ajouterai que la rente est une création de valeur, dans le sens
que je donne à ce mot, mais non une créaüon de richesse. Si le pr¡¿
du blé, en raison de la difficulté d en produire une portion queleoii-
non-seulement contre plus d'argent, mais aussi contre une plus
grande quantité de toute espèce de marchandises, il est clair que les
propriétaires auront une valeur plus forte ; et comme cela ne dimi
nuera la richesse de personne, la société entière possédera une somme
plus considerable de valeur, et dans ce sens la rente devient une créa
tion de valeur. Mais cette valeur peut être regardée comme nomi
nale, en ce qu elle n’ajoute rien à la richesse de la société, c’est-à-
dirc a la masse des choses nécessaires, commodes ou agréables. Nous
aurions toujours précisément la même quantité de choses, pas da
vantage, et le même million de quarters de blé; mais l'clfet de la
laussc du blé, de i à 5 I., serait de faire passer une partie de la va-
cur du blé et des autres marchandises des mains de leurs anciens
•4n Inquby into the nature and progress of lient, pag. 15