Full text: Oeuvres complètes

374 ' PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.' 
possesseurs dans celles des propriétaires. La reutee est donc une 
création de valeur, mais non une création de richesse. Il n’ajoute 
rien aux ressources du pays ; il ne lui fournit pas les moyens d’en 
tretenir des escadres et des armées ; car le pays aurait un fonds dis 
ponible plus considérable si son terrain était d’une meilleure qualité, 
et il pourrait employer le même capital sans donner naissance à la 
rente. 
Dans une partie de son ouvrage, M. Malthus observe que, « la 
» cause immédiate de la rente est évidemment l’excédant du prix 
» sur les frais de production, obtenus par la vente des’produits 
» agricoles sur le marché : » et dans un autre endroit, il dit que 
« les causes du haut prix des productions agricoles peuvent se ré- 
» duire aux trois suivantes : 
» En premier lieu, et c’est la cause la plus importante, vient la 
« qualité de la terre, qui permet d’en retirer une quantité plus con- 
« sidérable de choses nécessaires à la vie. En second lieu, se place 
« la propriété particulière qu’ont les choses nécessaires à la vie, de 
» pouvoir se créer d’eUes-mêmes une demande, ou de faire naître 
» un nombre de consommateurs proportionné à la quantité de ces 
» denrées produites : en troisième lieu, enfin, la rareté comparative 
» des terrains plus fertiles. » ; 
En parlant du haut prix du blé, il est évident que M. Malthus ne 
veut pas parler du prix par quarter ou par boisseau, mais plutôt 
de l’excédant de prix de toute la production sur les frais qu’elle a 
coûtés, entendant toujours, par frais de production, les profits aussi 
bien que les salaires. Cent cinquante quarters de blé, à 3 1. 10 sh. 
le muid, doivent rapporter une plus forte rente au propriétaire que 
cent quarters à 4 1., pourvu que les frais de production soient les 
mêmes dans les deux cas. 
L’élévation du prix, si l’on prend l’expression dans ce sens, ne 
peut être dite la cause de la rente. On ne saurait dire que « la cause 
» immédiate de la rente est. évidemment l’excédant des prix sur 
» les frais de production; » car c’est précisément cet excédant qui 
constitue la rente. M. Malthus a défini la rente « la portion de 
» la valeur de tout le produit qui reste au propriétaire de la terre, 
» après qu’il a payé tous les frais de sa culture , — de quelque 
» nature qu’ils soient, et y compris les profits du capital employé, 
» estimé d’après le taux courant et ordinaire des profits agricoles 
» à une époque déterminée. » Or, ce que la rente de cette portion 
peut rapporter en argent est le montant de la rente en argent ; c’est
	        
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