Full text: Oeuvres complètes

CH. XXXII. — DE L’OPIMON DE M. MALTHÜS SDR LA RENTE. 387 
« qu’abstraction laite des variations dans la monnaie d’un pays, et 
» d’autres circonstances temporaires et accidentelles, la cause du 
« prix en argent com])arati\ement haut du blé', est son haut prix 
» réel comparatif, ou la plus (jrande quanlilé de capital et de travail 
qu’il faut employer pour sa production *, >> 
Voilà, je pense, l’explication exacte de toutes les variations per 
manentes du prix du blé, aussi bien que du prix de tous les autres 
produits. Une marchandise ne saurait éj)rouver une hausse perma 
nente de prix que par une de ces deux causes, ou parce qu’il faut 
plus de capital et de travail pour sa production, ou parce que la mon 
naie a baissé de valeur; et, au contraire, une chose ne saurait baisser 
de prix à moins qu’il ne faille moins de capital et de travail pour la 
produire, ou que la monnaie n’ait haussé de valeur. 
Une variation causée par un changement de valeur dans la monnaie 
agit à la fois sur toutes les marchandises ; mais une variation causée 
par le plus ou moins de capital et de travail nécessaires à la produc 
tion d une chose, est bornée, dans ses effets, à cette chose même. 
L importation libre du blé , ou des perfectionnements en agricul 
ture, feraient baisser le prix des produits agricoles, mais ii’inilue- 
raient sur le prix des autres marchandises, qu’en proportion de la 
diminution de valeur réelle ou de frais de production des produits 
agricoles qui pourraient servir à fabriíjuer ces marchandises. 
ÄI. Maitlius a admis ce principe, et, pour être constiquent, il ne 
IKîut pas, ce me semble, soutenir que la totalité de la valeur en mon 
naie de toutes les marchandises d’un pays doit diminuer exactement 
à proportion de la baisse du prix du blé. Si le hjê consommé annuel- 
ment dans le pays était de la valeur de dix millions, et si les mar 
chandises manufacturées et étrangères consommées ])endant le même 
temps valaient 20 millions, — faisant aiqsi un total de 30 millions, 
on aurait tort de conclure que la dépense annuelle serait réduite à 15 
millions, parce que le blé aurait baissé de 50 pourcent, ou de 10 à 
5 millions. 
La valeur des produits immédiats de la terre qui entreraient dans 
la composition de ces marchandises manufacturées , pourrait ne pas 
excéder 20 pour cent de leur valeur totale, et, par consiiqucnt, la 
valeur des produits manufacturés, au lieu de baisser de 20 mil 
lions à dix, ne tomberait que de 20 millions à 18. Après la
	        
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