Full text: Oeuvres complètes

LE HAUT PKIX DES LINGOTS. 409 
tionnelle. Immédiatement aussi le choix des étrangers se reportera 
sur les marchandises. Si je suis débiteur envers Hambourg de 
iOO 1., je rechercherai le mode de paiement le moins onéreux. Si 
j envoie de 1 argent, en supposant les frais de transport de 5 1., le 
remboursement de ma dette me coûtera 105 1. Si j’achète ici du 
drap qui s élève avec les frais d’exportation à 100 1. et qui se vendra 
a Hambourg 100 1., il me sera évidemment plus profitable de faire 
ma remise en numéraire. Si, enfin, l’achat et les frais à supporter 
pour acquitter ma dette avec de la quincaillerie s’élevaient à 107 1., 
je préférerais le drap à ce dernier article ; mais à tous deux je pré 
férerais encore la monnaie, celle-ci étant la marchandise d’exporta 
tion le moins chère sur le marché de Londres. Les mêmes raisons 
agiraient sur le spéculateur de blé, si l’opération était à son propre 
compte. Mais si les administrateurs de la banque, « tremblant pour 
la sécurité de leur établissement, » et prévoyant que le nombre de gui- 
uées nécessaire leur serait enlevé au prix de la monnaie; si, dis-je, ils 
jugeaient indispensable de diminuer le montant des billets en circula 
tion, la proportion existante entre la valeur de la monnaie ; du drap 
et delà quincaillerie ne serait plus comme 105, 100 et 107. La mon 
naie deviendrait la plus précieuse marchandise, et serait dès lors af 
fectée avec moins d’avantage au paiement des dettes étrangères. 
Dans le eas même, plus impérieux, où nous aurions consenti à 
payer un subside à une puissance étrangère, on n’exporterait lor 
que s il II y avait plus sur le marché de marchandises propres à ef 
fectuer les paiements à de meilleures conditions ; l’intérêt individuel 
rendrait tout à fait inutile l’exportation du numéraire *. 
Ainsi donc, pour acquitter une dette, on n’expédiera des espèces 
au dehors que dans le cas_pii elles seront surabondantes; que dans le 
cas où elles constitueront la marchandise d’expöriätion la moins chère 
BliBfl 
dans IVnti- J dépenses extérieures, consistant en subsides à nos alliés et 
entretien de nos armées et de nos Hottes au debors. 
(Note de l'Auteur. )
	        
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