Full text : Oeuvres complètes

RÉPONSE  AUX  OBSERVATIONS  DE  M.  BOSANQUET.  463
Si  les  faits  s’étaient  trouvés  répondre  à  l’exposé  qu’en  a  donné
M.  Bosanquet,  il  in’eùt  paru  difficile  de  les  concilier  avec  ma  théorie. ­
  Cette  théorie  admet  comme  dogme,  que  toutes  les  fois  qu’un
négoce  particulier  répand  d’énormes  bénéfices,  il  attire  dans  sa
sphère  un  nombre  de  capitalistes  suffisant  pour  réduire,  par  la
concurrence,  ces  bénéfices  extraordinaires  au  taux  normal  des  gains
commerciaux.  Elle  affirme  que  c’est  plus  spécialement  dans  le
ecommerce  du  change  que  ce  principe  est  fécond.  Car  ce  commerce
ne  se  borne  pas  aux  négociants  anglais  seulement;  il  est  parfaitement ­
  compris  et  lucrativement  exercé  par  les  changeurs  de  Hollande,  i
de  France,  de  Hambourg,  au  sein  d’une  concurrence  qu’on  sait  être
énorme.  M.  Bosanquet  suppose  -1  -  il  donc  qu’une  théorie  qui
repose  sur  des  éléments  pratiques  aussi  vigoureux  puisse  être
ébranlée  par  un  ou  deux  faits  isolés  imparfaitement  connus  parmi
nous?  ^on  ;  et,  quand  même  on  n’essaierait  pas  de  les  expliquer,
on  pourrait  s’en  reposer  avec  securité  sur  l’effet  naturel  qu’ils  produiront ­
  dans  les  esprits.
Mais  avant  que  les  faits  de  M.  Bosanquet  soient  admis  à  prouver ­
  les  vices  des  raisonnements  de  la  Commission,  nous  devons  examiner ­
  la  source  où  l’on  a  puisé  ces  prétendus  fai/s.
M.  Bosanquet  nous  dit  qu’il  existe,  annexé  au  pamphlet  de
M.  Mushet,  un  tableau  indiquant  :
l°Le  taux  du  change  avec  Hambourg  et  Paris  pendant  les  50
dernières  années,  et  de  combien  il  a  été,  dans  chaque  occasion,  audessus
  ou  au-dessous  du  pair;
2"  Le  prix  de  l’or  à  Londres,  et  le  rapport  de  ce  prix  avec  l’étalon
anglais  ou  le  prix  à  la  Monnaie;
3"  fjC  montant  des  billets  de  banque  en  circulation  et  le  taux  de
leur  dépréciation  avouée,  relativement  au  prix  de  l’or.
Maintenant,  et  avant  que  les  conclusions  qui  découlent  de  l’étude
des  tables  puissent  imposer  une  complète  adhésion,  il  est  nécessaire
de  prouver  l’exactitude  des  faits  cités.  Mais  cette  exactitude  est
tellement  hypothétique,  qu’elle  a  été  reniée  par  M.  Mushet  lui-même.
Dans  la  seconde  édition  de  son  écrit,  il  a  reconnu  la  fausseté  du  principe ­
  sur  lequel  ses  tables  avaient  été  calculées  et  nous  a  donné  un
nouveau  travail  corrigé.
M.  Mushet  a  joint  à  la  seconde  édition  de  son  pamphlet  la  remarque ­
  suivante  :  «  Dans  la  première  édition  de  cet  ouvrage  je
fixai  le  pair  du  change  avec  Hambourg  à  33  schillings  H  gros  et  le
considérai  à  ce  taux  comme  immuable.  Les  meilleures  informa-
            
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