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OEUVRES DIVERSES.
que pendant les dix années précédentes. Au milieu de telles
circonstances, le change devait nécessairement devenir favorable à
rAngleterre et provoquer de larges importations des lingots : ces
deux phénomènes se trouvent d’ailleurs conformes au principe de
la Commission, et consacrent rellicacité du remède qu’il proposa.
Elle déclarait que les causes de la vilité actuelle du change étaient
une grande circulation de papier et une masse monétaire trop abon
dante. Elle en concluait avec confiance et ])rcdisait qu'une réduction
dans cette quantité générale relèverait le change comme en I7W7, et
par cela même rendrait lucrative l’importation des lingots. On peut
prouver surabondamment, par des faits indirects, que cette amélio
ration du change provoqua en 1797 une immense importation d’or.
Le montant de l’or étranger frappé à la monnaie rovale fut :
En 1795 d’une valeur de liv, 255,721 — Ils.— 8d.
1796 » » » 72,179— 14 —11
1797 ). .. » 2,486,410— 6 -0
1798 O » » 2,718,425— 9 -0
1799 « » » 271,846— 12 — 8
Mais on demandera par quelle étrange anomalie ceux-là qui soutien
nent que les changes ne peuvent demeurer longtemps très-favorables
ou très-défavorables à un pa)s, en viennent à reconnaître que le
change avec Hambourg s’est constamment maintenu en faveur de
l’Angleterre pendant deux ou trois années?
M. liosanquet observe que ce fut là le fait des aunéis 1797 et
1798 et il affirme que les métaux précieux n’auraient que peu d’in
fluence sur l’égalisation du change. Il résulte des tableaux recti
fiés de M. Mushet que dans ct;s années le change fut favorable a
l’Angleterre et varia de 5, 6 à 4 et 9 pour cent. Mais je formule le
principe en disant : Qu’aucun pays ne ¡»eut, pour un taux considé
rable, avoir un change très-favorable ou très-défavorable. Car cela
supposerait tour à tour dans le stock (fonds) de monnaie et de lingots,
du pays un accroissement ou une diminution susceptibles de détruire
cet équilibre que les valeurs des diverses circulations du gloire ten
dent naturellement à fonder.
La proposition est vraie , si on l’étend au change général d’une
nation; mais elle devient fausse dès (ju’on n’apprécie que ses rapports
avec un seul pays. Il se peut que sa situation de change avec tel ou
tel pays soit constamment défavorable, et cela, par suite d’une
demande continuelle de lingots. Mais cette hypothèse ne prouvera la
décroissance de son fonds (stock) de numéraire et de lingots que