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ÍEÜVHES DIVERSES.
Toutefois, nous devons encore ajouter à cette cause le besoin de
lingots d’argent que provoquèrent les exportations de la Compagnie
des Indes Orientales, 11 ressort des comptes remis au Bullion-Com
mittee (N” 9) que le montant des monnaies d’argent étrangères
exportées par la Compagnie, pour son propre compte ou pour le
compte de particuliers, s’élevait :
En 1795 à 151,795 onces.
1796 » 290,777
1797 » 962,880
1798 » 3,565,691
1799 » 7,287,327
Depuis cette époque, l’exportation de l’argent aux Indes Orien
tales s’est considérablement réduite et a presque complètement cessé
aujourd’hui. 11 paraîtrait donc qu’un change élevé fut immédia
tement suivi d’une importation de lingots considérable et qu’aussitôt
cette demande éteinte, le change reprit son niveau normal. Une
étude plus complète du tableau nous apprendra que le change fléchit
en proportion directe de l’accroissement des billets de banque et
qu’en 1801 il se cotait à plus de 11 pour cent de perte pour l’Angle
terre. En même temps le prix des lingots d'or atteignit 4 1. 0 s., —
c’est-à-dire plus de 10 pour cent au-dessous du prix à la Monnaie.
On doit avouer que de septembre i 700 à septembre 1707 le change
fut perpétuellement de 7. 4, à 0. 8 pour cent en faveur de l’Angle
terre*, et depuis cette époque jusqu’en septembre 1708 il lui demeura
‘ Lord King a expliqué d’une manière très-satisfaisante la durée favorable
du change entre l’Angleterre et Hambourg. Il l’attribue aux demandes de lingots
d’argent que la Compagnie des Indes multipliait pour ses réglements linanciers
dans l’Est. M. Blake commente, dans sa dernière publication, ce qu’il appelle
les opinions erronées de lord King à ce sujet. — Il lait observer « que l’expor-
» tation des lingots se trouve affectée, comme celle de toute autre marchandise,
« quand les différences de leur prix chez deux nations sont assez grandes pour
» en rendre le transport lucratif; circonstance qui se représentera fréquemment
» avec un change au pair. » Je dirai, moi, que ces deux circonstances ne peu
vent jamais être contemporaines. Qui voudrait, avec un change au pair, s’expo
ser à subir des frais de 4 et 5 p. 0/0 pour envoyer des lingots de Hambourg à
Londres, alors qu’avec une traite il obtiendrait, sans frais, la même quantité de
lingots à Londres ?
Je suis heureux de voir M, Bosanquet professer une opinion analogue à la
mienne (p. 12). — « Dans l’hypothèse d’une balance de paiement défavorable,
» la baisse du change, dit-il, doit nécessairement atteindre cette limite (les dé-
>) penses du transport X't de l’assurance des métaux précieux d’un pays à l'autre),
» avant que la balance puisse être rétablie par l’exportation de l’or. »