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RÉPONSE AHN OBSERVATIONS DE M. BOSANQUET
dans la proportion de 14 à 1. —Les causes qui transportent alternati
vement en Angleterre, de l’or à l’argent et de l’argent à l’or, le rôle
d’étalon des valeurs, agissent d’une manière analogue en France.
Quand la valeur comparative de l’or à l’argent se trouva au-dessous
de 14 à 1, l’or devint mesure type des valeurs en France, et consé
quemment l’on dut baser le taux du change avec l’Angleterre sur
le rapport des monnaies d’or dans íes deux pays. Quand cette va
leur comparative dépassa 14 sans atteindre toutefois 15.07 à 1, l’or
devint l’étalon en Angleterre. En France ce fut l’argent, et l’on cota
le change en conséquence ; c’est-à-dire que le pair fut déterminé par
le rapport établi entre l’or d’Angleterre et l’argent de France. —
Lorsqu’eniin ce rapport dépassa 15.07 à 1, l’argent dut devenir
l’étalon métrique dans les deux pays. Le change fut alors coté
en argent. Mais après 1785, et au moment où les évaluations des
métaux changés à la Monnaie de France se rapprochèrent du taux de
l’Angleterre, le pair du change put être coté dans les deux pays in
différemment en or ou en argent.
J’ai déjà énoncé (jue ce n’était pas assez de comparer la quotité
des déviations du change avec les dépenses que nécessite l’envoi
des métaux précieux d’un pays à l’autre; ce n’était pas assez, dis-je,
pour apprécier si un tel commerce était profitable. 11 faut encore
tenir compte du prix des lingots dans le pays où on les transporte, ou
de la somme des frais à supporter pour les faire monnayer. Il
u’est prélevé dans notre pays aucun droit de seigueuriage ou de
monnayage. — Si on livre à l’administration une once d’or ou d’ar
gent, elle retire une once de métal monnayé. Le seul désavantage
que l’importateur aura donc à subir en recevant des lingots, au lieu
d’une monnaie anglaise, sera la durée du dépôt à la Monnaie. Cette
perte a été évaluée par la commission des monnaies à 1 p. O/q. Un
pour cent représenterait dès lors l’excédant de la valeur des pièces
anglaises sur les lingots ; si toutefois la monnaie n’est pas altérée ou
la circulation excessive. Mais le droit de fabrication en France, sui
vant le docteur Smith, ne s’élevait pas à moins de 8 p. O/q, outre la
perte d’intérêt qui naissait du dépôt temporaire à la Monnaie. L’auto
rité de la science nous prouve qu’il ne résultait aucun inconvénient
sensible d’un système qui donnait à la valeur de l’or ou de l’argent
pour le crédit comme pour le commerce, comme pour la pensée, et que dans
l’apparent fatalisme du laissez faire, il y a plus de force impulsive et diri
geante que dans toutes les ordonnances créées ou à créer. A, P.