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ŒUVRES DIVERSES.
monnayés une supériorité de 8 p. O/p sur celle de l’or ou de Tardent
en lingots'. 11 résulte de ces faits qu’on n’ent pas importé d’or en
France, si le profit de cette opération n’eùt égalé non-seulement les
dépenses d’importation ; mais encore cette prime de 8 p. O/o. Car
on ne calcule pas le pair du change sur la valeur actuelle des mon
naies dans la circulation, mais sur leur valeur intrinsèque comme
lingots'^.
Pour rendre cette conclusion plus évidente, supposons avec M. Ho
sanquet que le change de 1767 fût de 8 p. 0 () en faveur de la France ;
qu’à la même époque il se cotait avec Hambourg à 6 p. O/q de bénéfice
pour Londres, et qu’enfin les frais de transport de Hambourg à Paris
n’excédaient pas 1 l/'i p. O/p. Ne fera-t-on pas alors, s’écrie >1. Bo-
sanquet, un bénéfice de I 1/2 p. 0 p, en payant la dette de Paris avec
l’or de Hambourg plutôt qu’avec une remise^? le réponds que non.
Car lorsque l’or arrive à Paris, il doit nécessairement être frappé
en monnaie ou rendu sous forme de lingots. Si on le fait monnayer
il faudra payer 8 p. 0/p à l’administration ; si on le rend à l’état de
lingot, ce sera à 8 p. 0/p au-dessous du prix de la monnaie. — En
admettant même que tous les autres calculs soient exacts, le profit
se trouve nécessairement réduit de 12 1/2 à 4 1/2 p. 0 p. Mais ils ne
peuvent être exacts, dès qu’ils sont soumis à l’influence multiple des
causes que nous avons déjà déterminées'^.
* Depuis que j’ai écrit ces lignes, j’ai examiné un extrait du Moniteur de 1803,
qui indique que le seigneuriage en France était :
En 1726 de 7 9/16 pour »/« sur l’or, de 7 4/11 pour "/« sur l'argent.
1729 5 3/16 — — 5 7/16 - -
1755 4 1/16 - ^ 3 10/11 — —
1771 t 4/7 — - 2 7/9 — —
1785 2 9/t7 — _ « — —
En 1803 on fixa ce droit à 1 1/3 p. 0/0 pour l’or et 1 1/2 pour l’argent.
* Ce n’est qu’autant que la circulation monétaire de France aura conservé ses
limites normales que le prix de l’or pourra rester à 8 p. 0/0 au-desgous du prix
de la monnaie. E:lle suit ainsi les lois mêmes par lesquelles le prix de l’or en
Angleterre s’est établi et perpétué au-dessus du prix de l’administration. La
circulation anglaise se trouvait dépasser sensiblement son niveau moyen, quand
l’or était à 3 liv. n s. 6 d. -, car 4 d. l’once ne sont pas une compensation suffi
sante pour le délai du monnayage. C’est pourquoi le principe que je soutiens ne
peut avoir force de loi que lorsque la circulation n’est pas exagérée.
3 Comme l’argent est la monnaie de Hambourg, ce serait l’argent, et non l’or,
qu’un créancier anglais aurait droit de faire remettre de Hambourg à Paris.
* En France, on retient pour le monnayage un droit de 8 pour cent qui non-
seulement couvre les frais de fabrication, mais encore rapporte un petit revenu au
gouvernement. En Angleterre, comme le monnayage ne coûte rien, la monnaie