Full text: Oeuvres complètes

RÉPONSE AUX OBSERVATIONS DE M. BOSANQUET. 499 
me porter à changer d’opinion, je dois persister à reconnaître que 
c est l’intérêt, et l’intérêt seul qui provoque l’exportation de l’or, 
d après les mêmes principes qui lui font régler celle de toutes les 
autres marchandises. M. Bosanquet, avant d’attribuer tant d’extrava 
gance à cette opinion, eût sainement agi en s’armant comme le 
vulgaire de raisons propres à prouver cette extravagance ; et il n’eût 
probablement pas nui à sa propre cause s’il eût bien voulu exposer, 
1810, les arguments qui le font appuyer un principe déjà pro 
clamé par M. Thornton en 1802, et dont on contesta l’exactitude en 
1809. 
On n’exportera des lingots que dans le cas où ils auraient été 
primitivement importés dans ce but, ou bien dans le cas où les mou 
vements de notre circulation intérieure en auraient diminué pour 
nous l’utilité et le prix. — Si de nouveaux décrets de Milan, des lois 
d’embargos, des actes de non-intercourse, agissaient sur l’exportation 
des marchandises, ils influeraient aussi sur leur importation; car 
^iie nation ne [)eut continuer à acheter si elle ne petit en même 
^enips vendre. L’Angleterre le peut moins que toute autre, elle qui, 
Pm' l’exubérance de son papier, a chassé de la circulation toute 
Irace de métaux précieux. 
M. Bosanquet nous dit : « Si la circulation est avilie au-dessous àe 
valeur de l’or, il y faudra voir un fait absolu et non relatif, qui 
céagira également sur tous les changes. » Bien de plus vrai. Lt c’est 
pourquoi i>|, Bosanquet eût victorieusement attaqué l’opinion du 
^onnnitlee, s’il avait pu démontrer que le change de l’Angleterre 
®V(‘c. un pays, quel qu’il soit, dont la circulation n’est ni altérée, ni 
dégradée, lui a été effectivement favorable. 
Des écrivains versés dans cette matière ont dernièrement, ce me 
'Semble, jeté des vues erronées sur l’exportation des monnaies, et 
les effets que déterminait, dans le prix dra lingots, un accrois- 
moment de circulation produite« par des émissions de papier. 
M. Blake l’examine ainsi : « Tous les écrivains économistes qui me 
Sont connus paraissent persuadas que toutes les fois que le taux du 
change s’écarte du pair d’une quotité supérieure aux frais de trans 
port des lingots, ces lingots émigrent. ’Cette erreur vient de n’avoir 
pas suflisamment distingué les effets du change réel et du change 
Dominai. » j/auteur a consacré un grand nombre de pages a prou 
ver que toute addition faite à la monnaie de papier, alors meme 
yu’une grande partie de la circulation est desservie par les métaux 
précieux, aura pour efl’et de renchérir les lingots dans une piopoition
	        
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