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ŒUVRES DIVERSES.
somme supplémentaire et représentative de 1000 onces d’or en billets
non remboursables en es|)èces. Si ses lingots conservaient, après
l’émission, leur valeur première (ce qui serait le principe qu’on af
firme), comment exporterait-on une seule guinée? Quel spéculateur
s’exposerait aux soucis et aux risques d’expédier des guinées sur le
Continent, pour les y vendre comme lingots, si la valeur des lin
gots continuait à être aussi élevée eu Angleterre ? — INe fondrait-
on pas la monnaie pour la vendre comme lingots à l’intérieur,
usqu’au moment où leur valeur, relativement à ceux des autres
pays, ou au prix des autres marcbandises, aura baissé d’une
quantité suflisaute pour couvrir les dépenses de transport; en
d’autres termes, jusqu’à ce que le change soit deseendu au taux
qui peut défrayer ees dépenses? Cette limite atteinte, les 1000
onces disparaîtraient tout à coup; ou si on en conservait une
partie, elle aurait une valeur égale à celle d’un même poids d’or
en lingots. J’ai constamment envisagé comme impuissante la loi
qui interdit l’exportation. Et si l’on aflirmait que cette loi peut
être strictement exécutée , l’argument s’appliquerait aussi juste
ment au cas où l’on aurait employé les coins d’or au lieu du pa
pier pour accroître la circulation.
Il paraît dès lors évident ;
Premièrement, qu’une addition à la masse de papier, dans une cir
culation que l’or et le papier se partagent, n’a pas nécessairement
pour effet de hausser les lingots d’or dans la même proportion que
les autres marchandises; —secondement, qu’une telle augmentation
n’abaissera pas le change nominal, mais le change réel et, consé
quemment, déterminera l’exportation de l’or.
Mais, pour en revenir à M. Bosanqnet, il déclare « que les trois pro-
» positions (celles que je viens de commenter) paraissent avoir été
X énoncées par le Commülee et par les auteurs dont les théories ont
X servi de base au rapport, pour faire envisager la dépréciation du
» papier-monnaie de ce pays comme la conséquence nécessaire de
» l’impossibilité que l’on éprouve à expliquer par d’autres causes
» l’avilissement des changes et renchérissement des lingots. On peut
» les appeler des arguments négatifs. »
Quant à ce qui me concerne ici, comme étant l’un des auteurs in
culpés, M. Bosanquet est inexact. La troisième de ces propositions n’a
dans aucune circonstance été produite par moi. L’hypothèse d’une
balance des paiements favorable ou contraire à notre pays importe
fort peu, suivant moi, à l’évidence de la théorie que je soutiens.