2 PRKFACE DE L’AUTEUR.
semble, négligé beaucoup de vérités importantes, dont on ne peut ac
quérir la connaissance qu’après avoir approfondi la nature de la rente.
Pour combler ce vide, il faudrait, je le sais, avoir un talent bien supérieur
au mien ; mais, après avoir médité profondément sur cette matière, après
avoir profilé de tout ce qu’ont écrit les auteurs distingués déjà cités, et
après le grand nombre de faits précieux que l’expérience des dernières an
nées a fournis à la génération actuelle, j’ose espérer qu on ne me taxei a
pas de présomption si je publie mon opinion sur les principes qui règlent
les profits et les salaires, et sur l’influence des impôts. Si 1 on reconnaissait
que ces principes, qui me paraissent vrais, le sont en effet, ce serait alors a
d’autres écrivains plus habiles que moi à développer toutes les consequences
qui en découlent.
En combattant des opinions reçues, j’ai cru devoir plus particulièrement
examiner certains passages des ouvrages d’Adam Smith qui ne s accordent
pas avec ma manière devoir; j’espère néanmoins qu on ne me soupçonnera
pas pour cela de ne point partager avec tous ceux qui reconnaissent 1 im
portance de l’Économie politique , l’admiration si justement due à l’ou
vrage profond de cet auteur célèbre.
La même remarque est applicable aux excellents écrits de M. Say, qui
a été le premier ou un des premiers parmi les écrivains du continent à sa
voir apprécier et appliquer les principes de Smith, et qui, non-seulement,
a fait plus que tous les auteurs étrangers pour inculquer aux nations de
l’Europe les principes d’un système aussi lumineux qu utile, mais encore a
réussi à disposer cette science dans un ordre plus méthodique et plus in
structif en l’ènrichissant en même temps de recherches originales, exactes
et profondes '. I.e cas que je fais des écrits de M. Say ne m’a cependant
pas empêché d’examiner avec la franchise que les intérêts de la science
exigent les passages de son Traité (VÉconomie politique qui nt s accoi dent
pas avec mes opinions.
1 Le cl,«pitre xv, liv. 1, des Débouchés, renferme surtout quelque.s principes très
i inportants, que cet c'erivain distingué a, je crois, développés Icprciniei.
(A"o/c de VAuteur.)