Full text : Oeuvres complètes

RKPONSK  AUX  OBSERVATIONS  DE  M.  ROSANQUET.  «27
que  citoyen.  Si  l’impôt  était  établi  sur  le  pain,  il  élèverait  immédiatement ­
  le  taux  des  salaires  et  retomberait  accidentellement  sur  ceux
qui  consomment  le  produit  du  travail  humain.  Il  importerait  fort  peu
U  cette  classe  de  consommateurs  d’avoir  payé  directement  la  taxe  au
trésor,  ou  de  l’avoir  subie  après  tant  de  détours.
>i’ai  dit  qu’aucune  somme  supplémentaire  ne  serait  essentielle,
bn  effet  le  gouvernement  continuant  à  prélever  journellement  une
partie  des  taxes,  ses  dépenses  seraient  les  mêmes  dans  les  deux  cas
uù  cette  portion  serait  versée  à  la  régie,  ou  entre  les  mains  du  percepteur ­
  des  contributions.  Quelle  que  soit  la  somme  des  dépenses  du
gouvernement,  elle  déterminera  une  diminution  correspondante  dans
les  dépenses  de  la  nation.  La  même  quantité  de  marchandises  con
tinuera  à  alimenter  le  mai-ché  et  sera  mise  en  circulation  au  moyen
d  une  somme  équivalente  de  monnaie.
Tout  ceci  repose  sur  le  cas  où  les  citoyens  seraient  assez  prudents
ou  assez  riches  pour  acquitter  les  taxes  avec  leur  revenu  annuel,  et
oe  seraient  pas  tentés  on  forcés  d’affaiblir  leur  capital  pour  répondre
^  l’appel  du  gouvernement.  Si  ce  capital  diminuait  cependant,  le
montant  réuni  de  toutes  les  productions  suivrait  cette  décroissance,
et  siles  agents  monétaires  destinés  à  leur  circulation  restaient  au
même  chiffre,  ils  se  répartiraient  en  une  plus  large  proportion  sur
les  marchandises  et  provoqueraient  probablement  une  hausse  dans  les
Pnx.  Mais  il  ne  faut  pas  oublier  que  la  quantité  de  la  monnaie  se
règle  d’après  sa  valeur;  et  comme  sa  valeur  serait  ainsi  altérée,  elle
deviendrait  excessive  relativement  aux  monnaies  des  autres  peuples,
et  ce  surpJtts  serait  livré  à  l’exportation.
Quand  nous  parlons  d’une  disette  de  blé  et  d’une  hausse  suWquente
  dans  les  prix,  on  en  déduit  immédiatement  que  la  valeur  des
eèicales  étant  double,  double  devra  être  celle  de  la  monnaie  nécessaire ­
  à  leur  circulation.  Mais  cette  consápience  n’est  nullement  évidente ­
  ni  nécessaire.  l‘our  que  deux  fois  la  masse  monétaire  fntindis-Pmisable,
  il  faudrait  la  même  quantité  de  blé  avec  un  prix  double  ;
mais  c’est  précisément  parce  que  cette  quantité  a  décru,  que  le  prix
s  est  multiplié.
Si  le  commerce  d’un  pays  grandit  et  se  développe;  en  d’autres  mots,
si  par  des  économies  successives,  une  nation  ajoute  à  son  capital,  elle
exigera  nécessairement  une  quantité  additionnelle  de  signes  monélaires,
  mais  en  toutes  circonstances  la  circulation  devra  conserver  sa
\aleur  en  lingots.  C’est  là  le  seul  contrôle  qui  puisse  établir  infailiihleinent
  que  la  circulation  n’est  pas  excessive.
            
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