ESSAI Sim LMNFI.rENCE M BAS PBIX DES BLÉS. .»53
aitiiation n’est jamais plus florissante (ju’aux époques où les subsistances
sont rares et chères ; tandis (|ue pour les autres membres de la
famille humaine une nourriture à bas prix est un immense bienfait.
Si des rentes élevées et des profits minimes, — car ces deux termes
sont inséparables et coexistants, — sont l’effet naturel de la marche
des circonstances, on ne doit jamais en faire surgir des motifs de plaintes.
Ils demeurent tous deux comme les preuves les plus irréfragables
de richesse et de prospérité, et témoignent d’une population nombreuse,
relativement à la fertilité du sol. Les profits généraux du capital
reposent entièrement sur ceux de la dernière portion de capital
consacrée à la terre. Dès lors, quand bien même les propriétaires abandonneraient
la totalité de leurs fermages, ils ne parviendraient ni à
élever le taux général des profits, ni à diminuer le prix du ble pour
le consommateur. Cet abandon gratuit aurait pour unique effet, comme
l’a dit M. Malthus, de procurer les loisirs du genlhman aux fermiers
dont les terres acquittent aujourd’hui une rente; il les mettrait à
même de dépenser cette fraction du revenu général qui constitue aujourd’hui
la part du propriétaire, et tout se réduirait à un déclassement.
La richesse d’une nation se mesure, non d’après l’abondance de son
numéraire ou le haut prix pécuniaire pour lequel ses marchandises
ont cours, mais bien d’après l’abondance des objets qui contribuent
à son bien-être et à ses jouissances. Quoique cette proposition rencontre
peu d’adversaires, il est beaucoup de personnes qui n’envisagent
qu’avec effroi une diminution de leur revenu en argent, et
cela dans le cas même oii leur revenu ainsi réduit aurait assez grandi
en valeur échangeable pour leur permettre d’aceroitre. la satisfaction
de ces besoins ou de ces superfluités qui accompagnent notre existence.
Si donc les principes que nous avons énoncés relativement à la
rente et au profit sont exacts, les profits généraux du capital ne
peuvent s’accroître qu’en raison d’une baisse dans la valeur échangeable
des subsistances, et cette baisse elle-même ne peut résulter que
de trois causes :
I® line réduction des salaires réels du travail qui permette au
fermier d'apporter sur le marché un excédant de produits plus considérable
;
"r Des perfectionnements introduits dans les méthodes agronomiques
ou dans les instruments de culture, et tendant aussi à accroître
cet excédant.