560
OKUVHKS DIVKRSKS.
Lorsqu'il étudie un commerce de céréales, dégagé de toutes restrictions
et alimenté en conséquence par les approvisionnements de
la France et des autres pays où le prix du blé, sur le marché, ne s’élève
pas beaucoup au-dessus de celui auquel nous pouvons l’obtenir
sur quelques-unes de nos terres les plus pauvres; lorsque, dis-je, U
étudie ce phénomène commercial, M. Malthus ne tient pas assez
compte (le la‘quantité supplémentaire qu’on créerait au dehors, si
notre pays adoptait, comme situation normale, un système iixe d’importations.
Certes, si tous les pays à blé pouvaient s’en lier aux marchés
de l’Angleterre pour des demandes régulières; s’ils étaient assurés
contre les oscillations perpétuelles de notre législation alimentaire,
qui se traduisent alternativement pai des boniücations, des restrictions
ou des prohibitions, nul doute que la culture générale ne se
multipliât largement, et que les dangers d’un approvisionnement
insullisant, déterminé par de mauvaises saisons, ne devinssent moins
probables. Des pays qui n’ont jamais contribué à notre approvisionnement
pourraient, sur la loi d’une législation immuable, diriger
sur nos marchés de vastes exportations.
C’est précisément à de telles époques que l’intérêt des nations
étrangères serait plus particulièrement attaché à satisfaire nos demandes.
Car la valeur échangeable du blé ne grandit pas seulement
en proportion de l’iiisullisance de l’oflre, mais deux, trois, quatre
lois plus rapidement, suivant l’importance de la disette. Si la consommation
de l’Angleterre est de 10 millions de quarters, vendus,
année moyenne , au prix de 40 millions en numéraire, et si l’approvisionnement
se trouve diminué d’un 1/4, les 7 millions 500 mille
(quarters ne se vendront pas seulement 40 millions, mais probablement
50 millions et plus. 11 eu résulte que dans tous les cas de mauvaises
récoltes, les pays cultivateurs se contenteront de la plus petite
quantité de produits alimentaires, et profiteront des prix élevés de
l’Angleterre pour écouler la masse entière du blé ravi à la consommation;
car le prix du blé s’accroît non - seulement par rapport
à la monnaie, mais encore par rapport aux autres denrées. Si
les producteurs de céréales suivaient une autre marche, ils se placeraient,
quant à la richesse, dans une situation bien inférieure à celle
où ils se trouveraient, s’ils avaient constamment limité la culture
du blé aux besoins de leur propre nation.
S’ils ont consacré un capital de 100 millions à la production
nécessaire pour leur propre subsistance, et ‘25 millions de plus à celle
du contingent d’exportation, ils perdront dans l’année de disette le