Full text : Oeuvres complètes

'  ÆUVUES  DIVEKSES.
lai  uiusi  mol)ilÍ8é  serait  consacré  à  la  tabricaüou  des  marcliaudb
ses  qui  pourraient  être  exportées  en  échange  du  blé
Cette  nouvelle  distribution  d’une  partie  du  capital  national  devrait
otfrir  plus  d’avantages  sous  peine  d’etre  immédiatement  rejetóe.  Ce
principe  ligure  au  premier  rang  parmi  ceux  qui  consolident  la  science
de  l’économie  politique,  et  personne  ne  l’a  admis  avec  plus  d’ardeur
que  M.  Malthus.  11  constitue  la  base  de  tous  les  ai  gumens  qu’il  émet
dans  scs  Observalions  sur  les  lois  des  céréales,  quand  il  balance  les
avantages  et  les  désavantages  inbérents  à  un  commerce  de  blé  complètement ­
  libre.
Dans  quelques  parties  de  sa  dernière  publication,  il  insisle  cependant ­
  avec  une  très-grande  sollicitude  sur  la  déperdition  de  capital
agricole  que  le  pays  aurait  à  supporter  dans  l’hypothèse  d  une  libre
importation;  il  déplore  la  perte  de  celui  que  la  marche  des  événements
  a  rendu  stérUe  et  dont  l’emploi  est  pour  nous  aujourd’hui  une
charge  onéreuse.  Ou  eût  pu  nous  dire  avec  autant  de  i  aison,  au  mo
meut  où  les  machines  à  vajieur  et  le  métier  à  coton  d’Arkioughir  atteignirent ­
  leur  perfection  relative,  qu’il  fallait  les  proscrire,  parce  qu’ils
devaient  nous  faire  perdre  la  valeur  de  nos  machines  vieillies  et  barbares. ­
  Nul  doute  que  les  fermiers  des  terrains  les  plus  pauvres  n’éprouvent ­
  des  pertes  réelles  ;  mais  la  nation,  en  général,  y  trouverait  un
bénélice  bien  supérieur  au  montant  de  leurs  pertes.  Et  dès  que  le
transport  du  capital  agricole  aux  manufactures  aurait  été  opéré,  les
fermiers  comme  toutes  les  autres  classes  de  la  société,  a  l’exception
des  propriétaires,verraients’accroitre  leurs  prolits  dans  des  projmrtions
très-considérables,  il  serait  pourtant  à  désirer  que  l’on  protégeât  les
fermiei's  contre  les  perturbations  de  la  valeur  des  monnaies.  En  eilet,
placés  comme  ils  le  sont  sous  le  poids  de  baux  stipulés  en  argent,  ilssup
porteraient  inévitablement  les  pertes  résultant  du  bas  prix  des  bles
comparé  au  taux  pécuniaire  de  leurs  contrats.
L’existence,  même  temporaire,  d’un  haut  prix  pour  les  bkis  imjiose-1

  S’il  est  vrai,comme  l’observe  M.  Malthus,  qu’il  u’y  ait  pas  en  Irlande  de  ces
manulactures  où  le  capital  puisse  ctre  employé  avec  avantage,  ce  déplacement
n’v  aurait  pas  lieu  et  le  capital  agricole  ne  subirait  aucune  diminuliou.  Dans
cette  hvDOtbèse,  l’Irlande  aurait  le  même  excédant  de  produit  eu  céréales  ;  mais
ce  nroduit  perdrait  une  partie  de  sa  valeur  en  échange  ;  son  revenu  pourrait
donc  ainsi  se  trouver  réduit.  Mais  si,  ne  voulant  pas  cultiver  le  sol,  elle  ne  pouvait
  ou  ne  voulait  pas  se  livrer  à  l’industrie  manufacturière,  elle  perdrait  la  totalité ­
  de  son  revenu.
            
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