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OEUVRES DIVERSES.
les limites du possible, le résultat si désirable d’une monnaie qui
serait douée d’une valeur uniforme.
La quantité de métal employée comme numéraire dans tout pays
qui eüectue ses paiements en monnaie métallique, ou la quantité de
métal a laquelle s’est substituée la monnaie de papier, que celle-ci-
soit d’ailleurs partiellement ou exclusivement employée, doit dé
pendre de trois choses : premièrement, de sa valeur; secondement, du
montant ou de l’importance des paiements à effectuer ; et troisième
ment, du degré d’économie obtenu en faisant ces paiements.
Un pays qui adopterait l’or pour étalon monétaire n’exigerait
que la quinzième partie du métal qui lui eut été nécessaire en em
ployant l’argent : il en demanderait neuf cents fois moins que dans
le cas où sa circulation s’effectuerait par l’intermédiaire du cuivre ;
car le rapport approximatif de l’or à l’argent et au cuivre est de
15 : 1, et 900 : 1. Si l’on attachait la dénomination de livre à un
poids donné de ces métaux, il faudrait dans le premier cas quinze
fois plus de livres et neuf cents fois plus dans l’autre. Ces résultats,
faciles à vérifier, sont d ailleurs complètement indé])endaut des sys
tèmes qui emploieraient les métaux eux-mèmes à titre de Circulalinij-
mediumj ou leur substitueraient, en tout ou en partie, des signes eu
papier.
De plus, si une nation employ ait uniformément le même métal
comme type, la quantité de monnaie dont elle aurait besoin serait
eu rapport inverse avec la valeur du métal adopté. Supposons que ce
métal soit l’argent et que, par la difliculté des travaux d’extraction,
il ait doublé de valeur, il suffirait alors de la moitié de sa quantité
primitive pour les fonctions de monnaie. De même si, tout en
conservant 1 argent pour étalon, le mouvement de la circulation im
posait entièrement sur le papier, pour conserver a ce ¡»apier sa va
leur eu lingots, il faudrait le réduire de moitié. On démontrerait en
core de même que, si l’argent redescendait à sa première \aleur,
relativement aux autres marchandises, il en faudrait une quantité
double pour opérer l’échange de la même quantité d’objets, l^orsque
dans un pays le nombre des o^)érations s’accroît par le fait d’une
opulence et d’une industrie eu progrès, tandis que les lingots con
servent leur valeur, et l’usage de la monnaie son économie, on voit
la monnaie hausser de valeur, en raison de l’emploi multiplié qui eu
est fait. Cette supériorité sur la valeur des lingots subsistera incinê
tant que la quantité n’en aura pas été accrue, soit par des émissions
de papier, soit par le monnayage de lingots. U y aura plus de mar-