DE I;ÉT\BLISSEMENT D’UNE ClUCUïATlON MONETAIRE. .^>81
sols, on a soutenu avec tonte l’autorité des principes qn une circulation,
pour être parfaite, devrait avoir une valeur immuable.
Mais on ajoutait aussi que le Mil de restriction avait donné ce caractère
à la nôtre; on soutenait que cette mesure avait sagement déshérité
l’or et l’arsent du rôle d’étalons monétaires, et qu’en fait un billet
d’une livre ne variait et ne devait pas plus varier relativement à une
certaine qualité d’or que relativement à toutes les autres marchandises.
C’est à sir .lames Stewart* que nous devons, je pense, l’idée première
d’une circulation affranchie de tout étalon particulier; mais il
n’a été donné encore à personne de nous indiquer le contrôle qui doit
servir à fonder l’uniformité de la valeur dans un système monétaire,
ainsi conçu. Ceux qui ont émis cette opinion n ont pas remarqué
qu’une telle circulation, loin d’être invariable, restait soumise aux
plus grandes fluctuations, que la seule fonction dévolue à l’étalon
consiste à répler la quantité, et avec la quantité, la valeur de la circulation;
qu’enfin, sans un criterinm reconnu, elle demeurerait exposée
à toutes les variations qui naîtraient de l’isTiorancc et del avidité
de ceux qui l’émettent.
On a prétendu, il est vrai, que nous devons calculer sa valeur en
la comparant avec l’ensemble de toutes les marchandises, et non
avec telle ou telle marchandise spéciale. Mais en admettant même,
ce qui est contraire <i toute probabilité, que les créateurs de la monnaie
de papier voulussent régler le montant de la circulation sur ( es
bases, ils n’auraient aucun moyen pour le faire ; car les marchandises
sont soumises à des altérations continuelles dans leur valeur relative.
Et comme il est impossible de déterminer quelle est celle dont le prix
a haussé, et celle dont le prix a fléchi, il faut reconnaître 1 impuissance
radicale d’un tel contrôle.
Certaines marchandises augmentent de valeur en raison des impôts,
de la rareté des matières premières qui les constituent, ou de
toute autre cause qui a pu accroître les difficultés de la production.
D’autres, au contraire, fléchissent sous l’influenee des perfectionnements
mécaniques, d’une meilleure division du travail, d’une habileté
nouvelle chez les travailleurs, en un mot, sous l’influence de
moyens de production plus faciles. Pour déterminer la valeur de la
* T .es écrits publiés par sir .Tames Stewart sur le numéraire et la monnaie
sont pleins de savoir; et nous sommes bien étonnés ipi’il ait pu adopter une
opinion qui dément si formellement les principes généraux qu il s est e orcé
d’établir.