OEUVRES DIVERSES.
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l’acre. » M. Harvey ajouta que la moyenne des dix dernières récoltes
avait produit sur ses terres 30 boisseaux de froment par acre. La dé
position de M. Wakefield corrobore celle de M. Iveson ; mais elle porte
à 32 boisseaux la différence entre la production des terres les plus
fertiles et celle des plus pauvres. Ainsi M. Wakefield dit : « Que sur la
côte maritime de'Norfolk, Suffolk, Essex et Kent, toute moisson ipii
ne rapporte pas quarante boisseaux l’acre est réputée mauvaise. » Et
il ajoute : « Je ne pense pas que les domaines d’un ordre tout à fait
inférieur puissent produire plus de huit boisseaux par acre. »
Supposons maintenant que la population de l’Angleterre ne se
soit élevée qu’à la moitié du chiffre actuel; et, que dès lors, il
n’ait pas été nécessaire de solliciter par la culture, d’autres ter
res que celles où l’on peut récolter 32 boisseaux de froment
par acre, quel eût été le prix rémunérateur? Certes, il eût été
si bas que si les mercuriales du continent avaient continué à donner
les moyennes des cinq ou dix dernières années, nous serions deve
nus un pays d’exportation et non d’importation. Il est vrai que ce
groupe de terres donne'aujourd’hui trente-deux boisseaux, et que
dans l’hypothèse supposée, sa fertilité devait rester la même ; mais
n’est-il pas vrai que la valeur des 32 boisseaux de la récolte ac
tuelle, se règle sur les frais de production des 12 ou 15 boisseaux
que produisent les terres de M. Sveson ? Si les frais de culture de 15
boisseaux de froment égalent ceux que l’on consacrait antérieurement
à produire 30 boisseaux, il faut nécessairement que le prix double
pour pouvoir être rémunérateur. Eu effet, le rapport dans lequel les
prix doivent s’accroître pour couvrir les dépenses du cultivateur, ne
dépend ni de la quantité produite, ni de la quantité consommée,
mais du coût de la production. — C’est toujours la différence
entre la valeur des récoltes fournies parMes terrains supérieurs et
inférieurs qui constitue la rente. Les profitsMu cultivateur seront
les mêmes sur ces deux catégories de terrains, mais la rente des
meilleures terres excédera celle des terres les plus pauvres, de toute
cette quantité additionnelle de produits qu elles sont susceptibles de
créer avec les mêmes dépenses. On admet généralement aujourd’hui
que la rente est l’effet et non la cause du renchérissement des blés.
On admet aussi que la seule cause qui agisse constamment de manière
à faire hausser la valeur du blé, est l’accroissement des frais de pro
duction : or, cet accroissement résulte de la culture obligée des ter
rains inférieurs sur lesquels la même somme de travaux, les mêmes
dépenses ne sauraient jamais créer la même quantité de produits.