Full text: Oeuvres complètes

fm ŒUVHKS DIVEHSES. 
charges contrihutives sc sont accrues de 10 p. O/o, tandis que soirs 
rinflucnce seule de la reprise des paiements en espèces et indépen 
damment de l’action que d’autres causes pouvaient exercer sur lui, 
le prix des grains et de toutes les marchandises baissait dans le mémo 
rapport. Mais au delà de cette limite de 10 p. O/o, toute la baisse qui 
se manifesta ensuite dans le prix du blé doit être attribuée à l’excé 
dant de l’offre sur la demande, et cette baisse, elle n’eût pas moins 
existé dans le cas où l’on n’eût pas altéré la valeur de la circulation. 
Un grand nombre d’intérêts fonciers se sont soulevés pour préten 
dre que la détresse agricole naissait d’une cause unique. Ils ont 
même été jusqu’à dire qu’il n’y a plus pour eux d’autre produit net 
que celui dont ils versent le montant entre les mains du gouverne 
ment à titre de taxes ; qu’on leur a ravi à la fois la rente et le profit; 
que le cultivateur est obligé de prélever sur son capital le montant 
du fermage ; et qu’enfm tous ces désordres, tous ces maux dérivent 
des changements introduits dans la circulation. 
11 est évident que les interprètes d’une assertion aussi extravagante 
ignorent comment les modifications introduites dans la valeur de lA 
circulation réagissent sur les différents intérêts d’un pays. Si elles 
nuisent au débiteur, elles favorisent au même degré le créancier; si 
elles pèsent sur le fermier, elles profitent au propriétaire et au rece 
veur des contributions. Ceux qui soutiennent la doetrine précédente 
doivent donc être prêts à démontrer que le fonds qui constituait aupa 
ravant la rente du propriétaire et les profits du fermier, se trouve 
transporté à l’Etat par le seul effet des changements subis par W 
monnaie, et se distribue maintenant aux receveurs des contributions 
et aux créanciers publics. Il est indubitable qu’en acquittant les 
arrérages de rentes avec une monnaie supérieure en valeur, on a dn 
améliorer la situation du rentier ; mais qui nous prouve que cette 
amélioration a été assez forte pour ajouter à ses moyens de jouissance 
ceux dont pouvait disposer auparavant tout le corps des fermiers et 
des ¡iropriétaircs du pa) s? On ne saurait soutenir un moment d’aussi 
étranges assertions. Où sont les superbes équipages, les magnifiqnc'^ 
palais que les porteurs d’effets publics ont étalés à nos yeux depuis le 
bill de 1819 ? Et d’ailleurs, quand l’assertion serait vraie, comment les 
prolits du commerçant et de l’industriel ont-ils pu échapper à l’avi 
dité du rentier, ce monstre dévorant, comme on l’a appelé ? Leurs 
profits ne sont-ils donc pas soumis aux mêmes principes, aux niênn'S 
lois que ceux du fermier? Sous (juel abri ont-ils pu se réfugier pnnr 
>oir passer l’orage ? La réponse est claire : Il n’y a aucune vérité
	        
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