67 OEÜVUES DIVERSES.
La rente nominale de ce dernier est effeetivement élevée, mais il
se trouve souvent dans la situation de ne pouvoir la réaliser. N’est-il
pas évident qu’un ])rix à la fois plus modéré et plus stable lui serait
plus avantageux, et qu’en régularisant les bénéfices du fermier U
donnerait au maître, sinon le gage d’une rente plus chère, du moins
celui d’un bonheur et d’une aisance assurés ?
Il paraît donc qu’un prix à la fois stable et élevé serait éminem
ment favorable au propriétaire. Mais, comme il est presqu’impossibk
de concilier ces deux termes dans un pays tel que le nôtre, son inté
rêt s’allierait plus avantageusement avec des prix modérés. Mieux
que tout autre principe, on pourrait établir que le bas prix des blés
est favorable au fermier et à toutes les autres classes de la société.
De hauts prix sont incompatibles avec de faibles salaires, et les hauts
salaires excluent les grands profits.
Je dois constater ici une erreur émise par un de ces hommes qui
donnent à leurs opinions l’autorité imposante du génie. Cette erreur
porte que le manufacturier peut hausser le prix de sa marchandise
imposée, et se rendre môme la taxe favorable en certaines occasions ;
mais qu’il n’est pas au pouvoir du fermier de s’indemniser ainsi, et
qu’à l’expiration de son bail, si ce n’est môme avant, tout le fardeau
de la taxe retombera sur le propriétaire. Cette erreur date de loin,
car elle s’appuie sur la renommée d’Adam Smith. Depuis lors, l*
question de la rente, les lois qui en régissent la hausse et la baisse
ont été discutées, exposées, et tous ceux qui ont étudié ces vues
nouvelles ont dépassé l’opinion précédente. Je n’aborderai pu^
maintenant ce sujet que tant d’écrivains habiles ont contribué à éclair'
cir. Je demanderai seulement aux partisans de la doctrine de Siiiitl'»
sur qui retomberait en définitive un impôt territorial de 3 sh. p^r
acre, prélevé sur une de ces terres dont nous a parlé M. Harvey dans
sa déposition, citée plus haut, et pour lesquelles on paie seulemcul
une rente de dix-huit pence? Le fermier devra nécessairement secoU'
tenter de profits inferieurs à ceux des cultivateurs qui paient de plus
hauts fermages, ou bien il devra reporter ses sacrifices sur le consoiU'
mateur. Mais pourquoi continuerait-il une industrie où ses béncfit'^_^
sont inférieurs à ceux des autres classes de capitalistes ? Il y aiiraH
encore pour lui une question, celle du temps nécessaire pour su
dégager d’une ])rofession stérile ; mais il l’abandonnerait, comme touS
les autres travailleurs, qui, placés dans des circonstances analogues,
c essent leurs opérations.
J’ai choisi l’exemple cité par M. Harvey , parce qu’il a donné n